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Présidentielle au Congo: "nous ne resterons pas une éternité au pouvoir", assure Denis Sassou Nguesso

Début février, il a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat de cinq ans qui, selon la constitution, doit être le dernier.

Publiée mardi 3 mars 2026 à 08:19:15Modifiée mardi 3 mars 2026 à 08:20:13Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

Sassou
Denis Sassou Nguesso, 82 ans, candidat à l'élection présidentielle du 15 mars

(AFP) "Nous ne resterons pas une éternité au pouvoir", assure dans un entretien à l'AFP le chef de l'État congolais Denis Sassou Nguesso, 82 ans, candidat à l'élection présidentielle du 15 mars, qui refuse toutefois de se prononcer sur son éventuelle succession. Militaire de carrière, M. Sassou Nguesso dirige ce pays d'Afrique centrale d'une main de fer depuis plus de 40 années non consécutives. Au pouvoir sous le régime du parti unique de 1979 à 1992, il est revenu aux affaires après une guerre civile en 1997.

Début février, il a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat de cinq ans qui, selon la constitution, doit être le dernier. Face à la machine du mouvement présidentiel, le Parti congolais du travail (PCT), l'opposition éclatée et muselée parait bien impuissante. Et l'élection du 15 mars est d'ores et déjà contestée, comme les précédents scrutins.

Lire aussi : Présidentielle au Congo: la campagne est lancée, Sassou Nguesso grand favori

"Contesté par qui? Par les acteurs politiques ou par ceux qui sont à l'extérieur? C'est la question", rétorque Denis Sassou Nguesso, depuis l'une de ses résidences, à Dolisie (sud), fief de son ancien adversaire Pascal Lissouba exilé après la guerre civile des années 1990 qui a ravagé le pays. "Nous avons tenu un méga-meeting à Pointe-Noire (la capitale économique)", dit se félicite le Président congolais, vêtu d'une chemise blanche ornée d'un éléphant, son symbole, et d'une paire de souliers arborant ses initiales "DSN" en lettres dorées.
Selon lui, personne ne peut dire que "nous avons envoyé des gens prendre les populations par la force pour les amener au rassemblement".

Longévité

Pour Denis Sassou Nguesso, les règles du jeu démocratique ne sont pas les mêmes dans un pays où "50% ou davantage" de la population "ne sait pas lire et écrire". "Je vois qu'en Afrique, les pays qui ont connu certains progrès, ce sont ceux qui ont eu une véritable stabilité, et même une longévité des présidents au pouvoir", estime le dirigeant.

Ancienne colonie française, la République du Congo est riche en hydrocarbures, mais près de la moitié de ses quelques six millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté. La famille Sassou Ngesso, dont la fortune est difficile à estimer, a fait l'objet de plusieurs enquêtes à la suite de plainte pour détournements de fonds, notamment en France dans l'affaire des "biens mal acquis", qualifiée de tentative de déstabilisation par le pouvoir.

"On ne peut pas dire que les gens sont sous le seuil pauvreté, que les moyens abondent et qu'ils seraient gaspillés, non. Ces moyens ont servi à amener le pays à son niveau actuel qu'il n'avait pas du tout lorsque notre pays a accédé à l'indépendance", argue le président. Et d'énumérer la construction d'infrastructures, dont des "dizaines de lycées, de collèges, d'écoles primaires", ainsi que le lancement d'une campagne agricole visant à faire atteindre l'autosuffisance à ce pays doté de vastes terres arables, dont seule une infime partie sont exploitées.

Lire aussi : Congo : Denis Sassou Nguesso annonce sa candidature à l'élection présidentielle de mars 2026

"Nous voulons faire comprendre aux jeunes que tout le travail que nous faisons, c'est aussi pour préparer les conditions de leur arrivée. Parce que nous ne resterons pas une éternité au pouvoir et leur tour viendra", assure le chef de l'État congolais.

Mais pas question, pour l'heure, de se prononcer sur son éventuelle succession. "Il ne s'agit pas d'une affaire d'homme à préparer, il s'agit d'un ensemble de choses que nous préparons globalement pour l'avenir du pays", dit-il.

"Saut dans le vide"

"Il est hors de question que notre pays connaisse un jour un recul, parce que la jeunesse ne se serait pas bien préparée à la gestion des affaires d'État", juge M. Sassou Nguesso, mettant en garde ceux qui rêvent de lui succéder contre une "simple une volonté de puissance ou d'existence". ONG et société civile dénoncent régulièrement des atteintes aux libertés publiques et des menaces contre des opposants au Congo-Brazzaville.

Deux figures de l'opposition à la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore détenues après avoir été condamnées à 20 ans de prison pour "atteinte à la sécurité intérieure" en 2018 et 2019. "Opposants, c'est un bien grand mot", balaye Denis Sassou Nguesso. "Ce sont des jeunes gens, des collaborateurs qui ont voulu tenter une aventure qui n'a pas marché", ajoute-t-il, assurant que les deux hommes préparaient une insurrection armée contre lui.

"Ils ne vont pas mourir en prison. On va un jour les libérer", affirme-t-il. Mais si ses partisans alertent les électeurs sur un "saut dans le vide" en cas de non réélection de celui qu'ils surnomment le "patriarche", Denis Sassou Nguesso se dit "confiant" pour l'avenir du Congo après lui.

"Je crois que les Congolais feront toujours preuve de sagesse, quand nous ne serons plus là, pour qu'il y ait la continuité dans le développement du pays, et la paix", conclut-il.

© Agence France-Presse

Lire aussi : Bois, pétrole, artisanat : le Sénégal veut un partenariat plus concret avec le Congo

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