Thierry Yvon N’Goma est l’un des quatre candidats repêchés par la Cour constitutionnelle du Gabon pour prendre part à l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Et contrairement à certains de ses rivaux, la vision de ce dernier, repose sur une rupture avec les accords coloniaux sur les plans économique, monétaire, etc. À ce propos, il prône, par exemple, le divorce avec la France, qui, selon lui, profitent peu au Gabon. « Finie la Françafrique pour un développement véritable du Gabon », indique son projet de société.
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Dans une interview accordée à la télévision Gabon 24, le candidat à l’élection présidentielle (annulée) d’août 2023 estime que la Françafrique « n’est qu’un instrument de l’Occident. Parce que l’Occident est géré par un groupe d’États qui se sont réunis et ont décidé de piller l’Afrique. Au niveau de la sous-région d’Afrique centrale, c’est la France. J’estime qu’il est temps que les choses changent », affirme-t-il.
Se défaire du Franc CFA
L’agent municipal à la mairie de Libreville se distingue de ses challengers sur un autre aspect : celui de la monnaie commune aux six États de la CEMAC. En effet, il entend œuvrer pour un « rapprochement stratégique » entre le Gabon et l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour lui, la souveraineté du Gabon « ne peut et ne doit s’accommoder du Franc CFA, qui est une monnaie au rôle colonialiste. Il faut impérativement en sortir et créer une monnaie commune avec les pays de l’AES, en attendant la création de la Communauté économique et monétaire des États Bantous et sa propre monnaie », souligne son projet de société.
Gestion de la dette
Dans un contexte où l’encours de la dette publique au Gabon est estimé à 7 500 milliards de FCFA et où le taux d’endettement est prévu à 78% du PIB en 2025 selon le FMI, l’ancien chargé d’affaires du président Omar Bongo pense qu’il n’est pas difficile de sortir le pays de cette situation. Il propose, ainsi, de suspendre le paiement de « 62 milliards d’euros » — tous services confondus — que le Gabon paierait à la France. À en croire l’expert en gestion de crises, « le Gabon paie à la France : la surveillance du contrôle aérien, la protection territoriale, le service d’achat pharmaceutique, la commercialisation des matières premières du pays, la production et la transformation de ces matières en France ; la production, l’exploration, la vente de nos avoirs ; la garde de nos réserves financières au Trésor français etc. », a énuméré le candidat, qui ambitionne ainsi de mettre fin à toutes ces dépenses (sans en préciser la périodicité) pour réduire la dette du pays.
D’autres chantiers portés par le président du parti politique Gabon Souverain concernent notamment l’industrialisation du pays, avec une emphase sur l’accroissement des capacités de production et de transformation des entreprises. Le tout devrait avoir un impact positif sur le pouvoir d’achat des Gabonais.
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