Après avoir porté ses exportations officielles d'or de 770 kg à 7,41 tonnes entre 2024 et 2025, la République centrafricaine pourrait franchir un nouveau cap en 2026 malgré la persistance des circuits de contrebande.
Le métal jaune a le vent en poupe en République centrafricaine. Les spécialistes disent que les chiffres actuels, qui vont croissant depuis l’année dernière, sont plutôt rassurant en dépit de la contrebande dominante dans le secteur. Selon le ministère des Finances et du Budget, la production aurifère est devenue la principale richesse minière du pays, générant des revenus de plus de 132 milliards FCFA en 2025.
En 2024, Bangui a exporté via les circuits formels, 770,3 kilogrammes d’or. Puis, en 2025, la quantité rebondit 7,41 tonnes, soit presque dix fois plus, selon les données de la banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Laquelle Banque centrale projette les exportations de l’Or en provenance de la RCA à 9,39 tonnes en 2026.
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Cet optimisme repose en partie sur les réformes engagées par Bangui pour reprendre le contrôle d'une filière longtemps dominée par l'informalité. Depuis l'adoption d'un nouveau Code minier en 2024, les autorités ont relevé de 66 % la mercuriale officielle de l'or, portée de 30 000 à 50 000 FCFA le gramme, afin d'inciter les producteurs à commercialiser leur production dans les circuits formels. Elles ont également suspendu plusieurs coopératives accusées de servir de façade à des exploitants étrangers, expulsé une trentaine d'opérateurs en situation irrégulière et renforcé les contrôles dans les principaux bassins aurifères de la Nana-Mambéré, de l'Ouham et de la Ouaka. En juin dernier, un nouveau dispositif de traçabilité est venu compléter cet arsenal, avec la présence permanente d'inspecteurs sur les sites d'exploitation, un système de triple verrouillage des installations sensibles et la vidéosurveillance de l'ensemble de la chaîne de production.
Des chiffres éloquents, qui ne réussissent cependant pas à cacher la gangrène qui sévit dans ce secteur. En effet, le secteur souffre d'un fort enclavement et d'une gouvernance opaque. Selon l’Institut d’études de sécurité (ISS Africa), les réseaux de contrebande font transiter d'importantes quantités d’or par les frontières terrestres vers le Cameroun (via des plaques tournantes comme Garoua-Boulaï) et à destination des Émirats arabes unis au Moyen-Orient.
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Un récent rapport d’un Organisation non gouvernementale (ONG) occidentale décrivait et décriait la situation. Selon ce rapport l’ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), qui date de juin 2026 et qui est intitulé ‘’Malicious Markets : Mapping the violent ecosystem in the Central African Republic’’ « les exportations aurifères ont atteint 1,7 tonne. On s’attendait à ce que les exportations atteignent un total d’environ 2,5 tonnes en 2025 mais en date de fin d’année elles avaient atteint 7 tonnes ».

