Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Renationalisation d’Eneo : pourquoi Paul Biya replace Louis Paul Motaze au centre du jeu

Jusque-là conduit par son homologue de l’Eau et de l’Energie, le processus de rachat des actions d’Actis sera principalement piloté par le ministre des Finances. Les enjeux que charrie ce dossier poussaient vers cette direction. Analyse…

Publiée mercredi 20 septembre 2023 à 10:42:23Modifiée mercredi 20 septembre 2023 à 10:42:28Temps de lecture 6 minPar EcoMatin

De gauche vers la droite Louis Paul Motaze Minfi  et Gaston Eloundou Essomba Minee
De gauche vers la droite Louis Paul Motaze Minfi et Gaston Eloundou Essomba Minee

Le Cameroun reprend progressivement le contrôle de son secteur énergétique, après l’avoir définitivement fait, il y a quelques années, dans l’eau. Le 05 septembre, le président Paul Biya a instruit, à travers une note du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, au secrétaire général des services du premier ministre, Séraphin Magloire Fouda, la mise sur pied d’un comité interministériel ad hoc, chargé de conduire le processus de rachat des 51% des parts d’Energy of Cameroon que détient le fonds britannique Actis qui n’a cessé de manifester son envie de départ.

Lire aussi : Secteur de l’électricité : Paul Biya marque son accord pour la nationalisation d’Eneo

Au terme de ce processus, l’Etat camerounais sera propriétaire à 95% - le reliquat de 5% restant entre les mains du personnel - du producteur et distributeur d’énergie, soit directement, soit indirectement puisque la présence de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) dans ledit comité indique qu’elle pourrait avoir sa part du gâteau. Bien que n’ayant pas reçu l’onction du chef de l’Etat, l’initiative d’Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame de racheter les actions d’Actis, dans le cadre d’un consortium avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a probablement plu en haut lieu. Son maintien dans le processus est donc une sanction position de sa démarche qui n’a pu aller jusqu’à son terme.

Confiance

Le fait notable dans le casting présidentiel est le positionnement du ministre des Finances qui présidera le comité, assisté en cela par son homologue de l’Eau et de l’Energie (Minee), d’une part, et celui de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), d’autre part. Jusqu’à présent, Gaston Eloundou Essomba tenait la corde dans la gestion du cas Eneo, secondé en cela par son confrère du ministère des Finances. C’est par exemple au Minee qu’incombait la prérogative de désigner le cabinet qui se chargerait déterminer la valeur des actions de l’actionnaire de référence de l’énergéticien.

Lire aussi : Restructuration d’Eneo : la thérapie de choc du gouvernement

En replaçant Louis Paul Motaze en centre du jeu, Paul Biya lui renouvelle sa confiance et s’inscrit dans une certaine continuité. Récemment encore, il n’a pas manqué de lui confier le délicat dossier Yango, lors de son séjour à Saint-Petersbourg, en fin juillet, où il participait au sommet Russie-Afrique. Car, les diplomates russes manifestaient un certain agacement en coulisses, dans la mesure où un terrain d’entente avait été trouvé depuis le mois d’avril pour que le groupe russe de VTC retrouve le chemin de la légalité, et que les relances du premier ministre, Joseph Dion Ngute, en direction du ministère des Transports, étaient restées lettre morte.

Parallélisme

La position centrale du Minfi dans le cas Eneo découle dans un premier temps du rôle clé que devra jouer un organe placé sous sa responsabilité dans ce processus. Créée uniquement pour exécuter les programmes de privatisation, la Commission technique de privatisation et de liquidation (CTPL) voit son périmètre d’activité s’élargir à la renationalisation – même si ce terme demeure tabou dans les cercles officiels, pour ne pas effrayer les partenaires au développement, notamment les institutions de Bretton Woods –, puisque le secrétariat technique de la nouvelle dynamique lui échoit, selon l’instruction présidentielle.

Lire aussi : Électricité: comment Eneo n’a pas préparé l’arrivée de Nachtigal

Au nom d’un certain parallélisme, ce qui est prévu pour les privatisations sera pratiqué pour les renationalisations. « Pour mener à bien le processus de privatisation, le Cameroun s’est doté d’un cadre juridique global et cohérent pour en régir les opérations. Les organes chargés de la mise en œuvre de la privatisation au Cameroun sont : le Comité interministériel, organe de décision co-présidée par le ministre des Finances et le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire ; la Commission technique de privatisation et des liquidations, organe technique », éclaire le site internet du Minfi.

Le leadership de Louis Paul Motaze dans ce dossier tient également au fait qu’il faudra restructurer la dette abyssale d’Eneo, qui s’élevait à 700 milliards de F Cfa en fin 2022, en même temps que le processus de rachat des actions se mènera. En cela, il y a lieu de parier que la recette du Minfi appliquée au traitement de la dette de la Société nationale de raffinage (Sonara) a de fortes chances d’être dupliquée. En effet, Louis Paul Motaze avait mis en place un groupe de travail, sous la houlette de la Commission technique de réhabilitation (CTR) des entreprises publiques et parapubliques, qui avait débouché en 2021 sur des accords avec des banques et, l’année d’après, avec les traders, principaux créanciers de la raffinerie. Une telle thérapie, à des nuances près, pourrait être appliquée à la dette bancaire et commerciale du producteur d’énergie.

A LIRE AUSSI

  • Électricité: les négociations en vue du rachat d’ENEO par la CNPS au point mort

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Renationalisation d’Eneo : pourquoi Paul Biya replace Louis Paul Motaze au centre du jeu
EneoSonaraminficnpssnhMineeCTRArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Impots BONPolitiques PubliquesCameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusHautes personnalités et salariés des secteurs public et parapublic retardataires sont sommés de régulariser leur déclaration annuelle d’IRPP. Le ministère des Finances leur accorde un ultime délai de sept jours avant le déclenchement des sanctions.il y a 15 heuresEpremiumCAMEROON-NATURE-ANIMALPolitiques PubliquesLe Cameroun pourrait accroître son PIB de 10 % en valorisant ses forêts, selon la BADLes forêts camerounaises rendent un service économique qui n’est actuellement pas pleinement comptabilisé dans le PIB. il y a 15 heuresDesign sans titre (41)Politiques PubliquesVisas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au CamerounContestées devant la justice française, les nouvelles conditions financières imposées aux étudiants camerounais pour obtenir un visa viennent d'être retirées.il y a 22 heuresHamid TPolitiques PubliquesTchad : le gouvernement conclut des accords d’investissement d’un montant de 446 milliards FCFACes engagements, qui font suite à la table ronde d’Abu Dhabi tenue en novembre 2025, constituent la première concrétisation de la stratégie « Tchad Connexion 2030 », dont le financement global est estimé à 30 milliards de dollars.il y a 23 heuresA4DDB233-BB08-4940-9108-7352170277B0_1_201_aPolitiques PubliquesCameroun : l’investissement privé atteint un record de 5 110 milliards de FCFA en 2025À contrario, l’investissement public s’est contracté de 0,2 %, après avoir bondi de 18,8 % un an plus tôt. Le privé concentre désormais près de 80 % de la formation brute de capital fixe du pays.il y a 4 joursWhatsApp Image 2026-09-03 at 13.21.44Politiques PubliquesGabon : la Cour des comptes exige la restitution de 1 700 milliards de FCFA « distraits » par des agents de l’État Si le pays parvenait à récupérer l'intégralité des fonds présumés détournés, l'État pourrait dégager de nouvelles marges de manœuvre pour financer ses priorités sociales, alors que la dette publique dépasse désormais 90 % du PIB.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 22 heures2Le Cameroun perd une première bataille judiciaire contre Trafigura dans le litige sur la qualité du carburantil y a 3 jours3Cameroun : les banques dépassent pour la première fois les hydrocarbures dans la création de richesseil y a 5 jours4Cameroun : Chanas Assurances nomme un troisième directeur général en moins de deux ansil y a 5 jours5Cameroun : comment un créancier de VOG a fini par prendre le contrôle du champ gazier de Logbabail y a 3 jours6Aéroports du Cameroun place la moitié de sa trésorerie dans les titres publics et engrange 683 millions FCFA d’intérêtsil y a 6 jours7Cameroun : une entreprise publique épinglée pour l’utilisation d’un logiciel piratéil y a 5 jours8Électricité : le Tchad enclenche le processus pour se connecter au réseau camerounaisil y a 4 jours9Cameroun : l’investissement privé atteint un record de 5 110 milliards de FCFA en 2025il y a 4 jours10Afriland First Bank CI gagne huit places dans le classement bancaire de l’UEMOAil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.