La Banque nationale de Guinée équatoriale (BANGE) prépare une nouvelle étape de son expansion africaine. Déjà implanté au Cameroun et au Bénin, le groupe bancaire équato-guinéen envisage désormais de s’installer en Côte d’Ivoire et étudie d’autres marchés, notamment le Gabon et la République centrafricaine. Ces ambitions ont été dévoilées à Malabo, où la banque vient de célébrer ses vingt ans d’existence. « Dans un avenir très proche, nous allons étendre nos activités en Côte d’Ivoire et pourquoi pas dans d’autres pays de l’UEMOA », a indiqué l’un des dirigeants du groupe interrogé en marge des célébrations. BANGE entend parallèlement poursuivre son maillage de la Cemac, avec « des pays prévus comme le Gabon [et] la Centrafrique ».
Le groupe ne précise pas encore la forme que prendront ces implantations (création de filiales, succursales ou acquisitions) ni le calendrier des procédures réglementaires. Mais l’orientation confirme sa volonté de poursuivre hors de Guinée équatoriale une internationalisation déjà engagée au Cameroun et au Bénin.
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De Malabo à un bilan proche de 700 milliards
BANGE revient pourtant de loin. Créée le 26 septembre 2006 à Malabo avec une seule agence et un capital de 2 milliards de FCFA, la banque, dont l’État équato-guinéen demeure l’actionnaire majoritaire, revendique aujourd’hui 38 agences en Guinée équatoriale. Ses filiales disposent de neuf agences au Cameroun et cinq au Bénin, auxquelles s’ajoute une implantation en Espagne. Cette expansion s’est accompagnée d’un changement d’échelle financier. Selon les données communiquées par la banque à l’occasion de son vingtième anniversaire, son total de bilan est passé de 379,53 milliards de FCFA en 2021 à près de 700 milliards en 2026, soit une progression d’environ 84 % en cinq ans. Son capital social atteint désormais 55,89 milliards de FCFA, contre 2 milliards à sa création. BANGE revendique également plus de 84 milliards de FCFA de fonds propres. La banque est par ailleurs cotée à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), où son action s’échange à plus de 228 000 FCFA.
Digitalisation et maîtrise des risques
Pour Emilio Moyo Avoro, directeur général de BANGE depuis 2024, ces vingt premières années doivent surtout ouvrir un nouveau cycle. « Après cet anniversaire, on va continuer à travailler. Ce n’est que le début », a-t-il déclaré, plaçant notamment la digitalisation parmi les priorités de la banque. BANGE entend ainsi faire cohabiter son réseau bancaire traditionnel avec une offre de plus en plus numérique. Emilio Moyo Avoro évoque également le recours à de nouveaux outils, dont l’intelligence artificielle, tout en insistant sur un autre impératif : ne pas laisser l’expansion dégrader le profil de risque de l’établissement.
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Le dirigeant cite notamment la surveillance du portefeuille de crédits, la trésorerie, le respect permanent des ratios prudentiels ainsi que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. « On va contrôler tout le portefeuille de crédits, on va contrôler les risques, on va contrôler la trésorerie », a-t-il expliqué. Les célébrations organisées au Centre international de conférences de Sipopo ont également donné à BANGE l’occasion d’afficher son poids institutionnel. Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et président de la COBAC, a fait le déplacement à Malabo. Étaient également présents Marcel Ondele, secrétaire général de la COBAC, et Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC.
Le président du conseil d’administration de BANGE, Martin Crisanto Ebe Mba, Emilio Moyo Avoro et la directrice générale adjointe Maricruz Engonga Obono ont par ailleurs été élevés à la dignité de grand commandeur dans l’Ordre du mérite de Guinée équatoriale.










