Le Tchad est engagé dans une stratégie visant à assainir et recapitaliser ses deux banques publiques phares, la Banque commerciale du Tchad (CBT) et la Banque commerciale de Chari (BCC), dans le cadre d’un nouvel accord avec le Fonds Monétaire International (FMI). L’opération, budgétée à 100 milliards de francs CFA pour 2025, soit environ 0,8 % du PIB, s’inscrit dans un plan de désengagement progressif de l’État du secteur bancaire et prépare la cession de ces deux établissements à des investisseurs privés.
Selon un communiqué publié le 10 octobre par le FMI, cette initiative fait suite à l’identification de fragilités structurelles au sein de ces deux banques, notamment un stock élevé de créances non performantes, une sous-capitalisation persistante et des lacunes en matière de gouvernance. Dans le cadre de cette opération, des accords de conversion de dette ont déjà été signés avec l’une des deux banques pour un montant de 68 milliards FCFA, permettant de réduire les besoins immédiats de recapitalisation. Le reste des 100 milliards FCFA prévu par la loi de finances 2025 sera alloué aux deux banques pour compléter le plan de restructuration.
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Le désengagement progressif du secteur public vise à restaurer la stabilité financière et à attirer des investisseurs privés, en s’assurant que les établissements soient mieux structurés et plus résilients. La BCC a entrepris dans cette logique, une révision de son plan de restructuration après les recommandations de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC), tandis que la CBT finalise son plan avec un nouveau conseil d’administration. Ces mesures incluent la modernisation des systèmes informatiques, l’amélioration de la gouvernance et la réduction des coûts opérationnels.
Parallèlement, le gouvernement tchadien poursuit la cession d’autres banques publiques de moindre taille, dont la Banque agricole du Chari (BAC) et la Banque de l’habitat du Tchad (BHT), dans le cadre d’une stratégie globale de désengagement de l’État du secteur bancaire, que les autorités souhaitent achever d’ici fin 2026. Le FMI note toutefois des signes encourageants, notamment une réduction de 30% de la dépendance au refinancement auprès de la BEAC à la fin de 2024 et une amélioration progressive de l’adéquation des fonds propres des banques.

