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Secteur productif : 200 milliards de prêts garantis par l’Etat

Les entreprises concernées sont celles qui ont certes été touché par les chocs sanitaires et sécuritaires, mais aussi et surtout celles opérant dans les secteurs prioritaires retenus dans la stratégie nationale de développement 2020-2030.

Relancer l’activité économique durement altérée à la fois par la crise sanitaire du coronavirus et la crise dans le NoSo, le gouvernement camerounais semble au cœur des enjeux. Le 22 juillet dernier, Louis Paul Motaze a signé avec l’Association des professionnels des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam) et l’Association nationale des établissements de microfinance du Cameroun (Anemcam) une convention engageant l’Etat à garantir les prêts bancaires pour les entreprises publiques et privées. Le plafond des prêts possibles a été fixée à 200 milliards de FCFA soit 30% pour les entreprises relevant du portefeuille de l’Etat et 70% pour les privés. Les entreprises concernées sont celles qui ont certes été touché par les chocs sanitaires et sécuritaires sus visés, mais aussi et surtout celles opérant dans les secteurs prioritaires retenus dans la stratégie nationale de développement 2020-2030. Pour en bénéficier elles doivent soumettre une demande de garantie auprès de leurs banques respectives, laquelle est transmise après vérification de conformité au comité national de la dette publique, puis au ministère des finances qui donne son avis avant transfert à la banque pour le déblocage des fonds. « La facilité mise en œuvre par l’Etat du Cameroun à travers une garantie de portefeuille se veut être un instrument utile pour faire repartir les entreprises impactées par la crise sanitaire soit en couvrant leurs besoins en fonds de roulement, soit en appuyant leur programme d’immobilisation corporelle s’est exprimé Louis Paul Motaze.

Priorités aux PME

Selon le ministère des finances, la priorité dans le cadre de ce matelas des prêts sera accordée aux petites et moyennes entreprises (PME). Avec une contribution de 34% au chiffre d’affaires total des entreprises, elles emploient plus de 7 travailleurs sur 10, soit 72,26% des emplois permanents. D’après l’INS, l’une des caractéristiques forte des PME au Cameroun est qu’elles sont pour la plupart implantées dans les zones où vivent les populations pauvres qu’elles emploient. « Ces entreprises jouent un rôle important pour maintenir une croissance dynamique du pays, occuper une population active nombreuse et réduire la pauvreté rampante », indique Jean Pierre Evou, enseignant chercheur à la faculté des sciences économiques et de gestion à l’Université de Yaoundé II-Soa. Malgré l’importance qu’on leur reconnaît, les PME ne sont guère prioritaires dans les prêts des banques. Selon les données publiées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), les PME ne captent qu’environ 13% de l’offre de crédits des établissements de crédits en une année contre 70% pour les grandes entreprises. Cette frilosité des banques en matière d’octroi de crédits se manifeste encore plus au niveau des taux débiteurs sans cesse croissants. D’après la Beac, les taux débiteurs ont progressé de 62 points (de 10,80% au premier semestre à 11,41% au second) de base pour les PME au second semestre 2019. En 2020, du fait de la pandémie du coronavirus, La trésorerie des Pme au second semestre 2020 a été très exsangue, avec 84% d’entre-elles qui ont connu une trésorerie difficile. « Le secteur bancaire…entend saisir l’opportunité que lui offre cette convention pour en tirer le meilleur parti et contribuer davantage à la relance économique de notre pays, au financement des entreprises impactées par le Covid-19, celles du NoSo » s’est exprimé Jean Paul Nafack, le président de l’Apeccam.

Ventes en baisse

Le chiffre d’affaires des PME a décru également en raison de la morosité du marché, avec des ventes très peu florissante. Elles ont considérablement baissé au second semestre 2020, en comparaison au 1er semestre de la même année. 70% des entreprises enquêtées ont révélé que l’activité économique n’a pas été rentable, et ce en raison de la forte concurrence, la baisse du pouvoir d’achat, et naturellement la prévalence de la présence de la pandémie à Coronavirus. « En ce qui concerne la baisse du pouvoir d’achat citée par 70,80 % des chefs d’entreprises, il faut signaler qu’au cours des trois premiers mois du 2nd semestre 2020, l’indice des prix à la consommation des ménages a progressé notamment dans les produits alimentaires », apprend-on.

Lire aussi : Le fonds d’investissement I&P revendique des financements dans 170 PME en Afrique subsaharienne

L’activité des PME au second semestre 2020 a par ailleurs était caractérisée par une baisse des coûts de production comparativement au 1er semestre. Cette baisse peut s’expliquer par le niveau du coût de la main d’œuvre (59,30 % d’entreprises concernées) et, par le faible coût de transport des matières premières (57,60 % d’entreprises). Globalement, au cours de l’année 2020, l’activité des Pme a été en forte régression en raison de la persistance de la crise sanitaire. A l’occasion, le gouvernement a apporté un appui financier de 2 milliards de F aux entreprises à travers leur ministère de tutelle, dans le cadre du Fonds de solidarité Nationale pour la lutte contre le Coronavirus et ses répercussions économiques et sociales.

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