Au Cameroun, un projet de développement des capacités industrielles pour les armées est en gestation. Selon le Programme d’investissement prioritaire (PIP) annexé au Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028, le projet va consister en la construction d'une usine de munition/cartoucherie, d'un laboratoire scientifique, d'une usine de textile/fabrication d'effets militaires. Piloté par le ministère de la Défense, il devrait coûter 116 milliards de Fcfa sur financement de l’État. Le lancement des travaux est prévu pour 2026 pour une durée de quatre ans.
Le document ne donne pas de détails sur le lieu où seront implémentées ces différentes infrastructures militaires encore moins l’objectif visé. Mais le projet est annoncé dans un contexte où le Cameroun comme d’autres pays tels que le Tchad, la RCA, le Mali ou encore le Niger, fait face à des menaces sécuritaires persistantes. A l’Extrême-Nord, par exemple, la secte Boko Haram sévit depuis 2014. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la crise survenue depuis neuf ans se poursuit. Pendant des années, un conflit armé a opposé le Cameroun et le Nigéria au sujet de Bakassi, une péninsule de 1 000 km2 située dans le Golfe de Guinée. La souveraineté du territoire a été rétrocédée au Cameroun définitivement en août 2008 avec le retrait des troupes nigérianes par un jugement de la Cour internationale de justice de la Haye rendu six ans plus tôt.
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Toutes ces batailles nécessitent sans doute la mobilisation, outre des ressources humaines mais aussi matérielles qui coûtent cher au Trésor public. Le fait de développer les capacités industrielles pour les armées vise sans doute à limiter la dépense des importations. La preuve, d’après l’Institut national de la statistique (INS), organisme public chargé de l’élaboration des statistiques officielles, le Cameroun a importé 674,5 tonnes d’armes, munitions et accessoires à hauteur de 5,5 milliards de Fcfa. Par rapport à 2022, le volume acheté de l’extérieur a augmenté de 42% tandis que la valeur a bondi de 215,5%.
À travers ce projet, Yaoundé espère non seulement réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers, mais aussi renforcer les capacités de ses forces de défense. Une ambition en cohérence avec son classement actuel au sein des puissances militaires africaines. Selon l’édition 2024 du classement Global Fire Power (GFP), le Cameroun occupe le 106ᵉ rang mondial sur 145 pays analysés. Ce classement prend en compte des critères tels que le nombre de soldats actifs, les moyens navals et aériens, la logistique, le budget de défense ou encore la capacité opérationnelle.
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