Un an après avoir reçu son agrément de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale comme société de gestion de portefeuille, Stoneshed Asset Management affiche ses premières performances. À fin 2024, l’encours sous gestion s’élève à 1,7 milliard de FCFA, soit une part de marché de 0,19 % sur ce secteur. Pour la société camerounaise, ce résultat constitue une base solide pour construire une trajectoire de croissance à moyen terme.
Spécialisée exclusivement dans la gestion sous mandats (MDG), Stoneshed cible principalement une clientèle d’investisseurs institutionnels et individuels en quête de solutions patrimoniales alignées sur les exigences de transparence et de rendement. Lors d’un échange avec EcoMatin, le Directeur général, Mokom Ndi Ndzah, avait annoncé que le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans les per formances chiffrées, mais dans la capacité à créer un pont durable entre capitaux et opportunités économiques en Afrique centrale.
Epargne locale
« La gestion d’actifs est un levier stratégique pour mobiliser l’épargne locale au service du financement des infrastructures, de l’agriculture ou encore de la technologie », explique ce diplômé de l’Université de Kent, passé par Citibank et Amplify Trading. Il a insisté sur la nécessité d’orienter les ressources disponibles vers des projets structurants, à travers des instruments collectifs comme les fonds communs d’investissement. « Si seulement 10 % de l’épargne des ménages était captée localement, cela suffirait à impulser une croissance soutenue et inclusive », ajoute-t-il.
Le dirigeant souligne également le rôle crucial du régulateur sous-régional, la Cosumaf, dont la politique de sélectivité, seulement deux fonds approuvés en 2024, vise à consolider les acteurs existants et asseoir la confiance du marché. Dans ce contexte, Stoneshed ambitionne de se positionner comme un partenaire fiable, capable de structurer des produits accessibles et adaptés à la réalité économique de la région.
Autre pilier de sa stratégie, les partenariats publics-privés. Mokom Ndi Ndzah cite volontiers le port en eau profonde de Kribi comme exemple de synergie réussie entre capitaux privés et politiques publiques. Mais pour que ces montages produisent des effets durables, ils doivent, selon lui, reposer sur une gouvernance rigoureuse, des garanties claires et un accompagnement tech nique renforcé des parties prenantes.
À 36 ans, le patron de Stone shed affiche une vision ambitieuse : démocratiser les produits financiers à travers des obligations à revenu fixe, vulgariser la culture de l’investissement auprès des ménages, et favoriser une véritable intégration financière régionale. « Il faut simplifier les produits, éduquer les épargnants, et lever les barrières aux investissements transfrontaliers », plaide-t-il.
Dans un environnement encore marqué par la méfiance et la faible bancarisation, Stone shed Asset Manage ment entend jouer un rôle moteur dans la transformation du marché. Pour Mokom Ndi Ndzah, la gestion d’actifs n’est pas une fin en soi, mais un moyen de financer autrement le développement régional.

