Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Taxes sur les téléphones : pourquoi le pouvoir a reculé

Le président de la République, Paul Biya, a finalement demandé, le 19 octobre 2020, au Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute de « faire surseoir à la mise en œuvre de la collecte par voie numérique des droits de douane et taxes sur les téléphones et terminaux importés ; (et de) soumettre à sa haute sanction un mécanisme plus approprié de recouvrement desdits droits de douane et autres taxes». Plus que les faiblesses techniques du dossier, des raisons politiques sont à l’origine du rétropédalage de l’exécutif camerounais.

Publiée samedi 24 octobre 2020 à 18:41:13Modifiée mercredi 15 décembre 2021 à 14:58:28Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

UNE 1

Le président de la République, Paul Biya, a finalement demandé, le 19 octobre 2020, au Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute de «faire surseoir à la mise en œuvre de la collecte par voie numérique des droits de douane et taxes sur les téléphones et terminaux importés ; (et de) soumettre à sa haute sanction un mécanisme plus approprié de recouvrement desdits droits de douane et autres taxes», selon les termes d’une correspondance du ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, au secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda. L’exécutif recule donc, mais il faudra attendre une ordonnance présidentielle ou, plus probablement, une introduction lors de la session du Parlement d’octobre 2020, d’un projet de réécriture de cette loi (cet article) par le gouvernement, pour savoir jusqu’où il a décidé de se corriger, et ce que le Parlement l’autorise de faire en cette matière.

Lire aussi : Taxes sur les téléphones portables : ce qu’il faut savoir

Cette instruction du chef de l’Etat au chef du gouvernement, dans laquelle il lui demande de surseoir (encore) à la mise en œuvre de cette disposition et qui n’aurait pas dû se retrouver sur la place publique n’eussent été les vives rivalités qui opposent des lieux formels et informels de pouvoir et qui ont émaillé et même parasité la mise en place de cette réforme, soulève déjà quelques questions : le rôle du gouvernement n’est-il pas d’appliquer les lois, et notamment la loi de Finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019, laquelle précise les modalités de prélèvement de ces droits et taxes de douane ?

 Mieux, peut-il, ce gouvernement, décider du délai qu’il se donne pour appliquer les dispositions d’une loi de Finances, dont l’un des principes est justement l’annualité ? Le fait que depuis deux ans, la non application par l’exécutif de cette réforme n’ait provoqué aucune protestation publique des Parlementaires en dit long sur l’intérêt qu’ils accordent eux-mêmes aux lois qu’ils votent et peut, en partie, expliquer pourquoi le caractère impératif desdites lois ne relève pas de l’évidence pour tous les membres de l’exécutif. Reste maintenant à savoir pourquoi le gouvernement a décidé de calmer le jeu.

Lire aussi : Cameroun : la douane renforce le contrôle sur l’importation des téléphones et terminaux

A l’analyse, plusieurs facteurs y ont concouru. Il y a d’abord les faiblesses techniques du dossier: la conformité largement querellée de cette réforme des modalités de collecte des droits et taxes de douanes sur les téléphones et autres terminaux importés avec les instruments juridiques communautaires, l’insuffisante coordination des acteurs impliqués et dont les dissensions lors et dehors des cadres de travail mis sur pied ont empêché, deux ans durant, la mise en place de la fameuse plate-forme numérique qui devait servir de support technique à la réforme ; une communication sur le changement si lacunaire qu’elle a fini par faire le lit de toutes sortes de manipulations de l’opinion publique (notamment par de puissantes entreprises du secteur de l’économie numérique dont l’activité allait être directement menacée par la réforme) laquelle s’est rapidement constituée contre la réforme, et en a fait un problème politique. Et on touche là du doigt, le ressort qui, mieux que les limites techniques du dossier, a contraint l’exécutif à modifier sa démarche. Il faut, pour le comprendre, se souvenir que la séquence politique dans laquelle le Cameroun se trouve reste particulièrement préoccupante : malmenée par les tracas financiers d’une rentrée scolaire travaillée par la Covid-19 qui a fait progresser la pauvreté dans le pays, particulièrement divisée au sujet des suites que le gouvernement a décidé de donner aux marches politiques (jugées insurrectionnelles par le pouvoir) organisées fin septembre par les dirigeants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), l’opinion publique nationale est, à l’analyse, en état de surchauffe.

Qui peut dire, sans risque de se tromper, dans quel état l’aurait laissée cette réforme fiscale contre laquelle elle s’était déjà, faute d’une communication et d’une pédagogie appropriées de la part du gouvernement et de l’administration, mobilisée, notamment sur Internet et les réseaux sociaux ? Le maintien de cette réforme, signe selon elle d’un entêtement et d’une absence de compassion du gouvernement, n’aurait-il pas eu raison de sa patience et ne l’aurait-il pas transformée en alliée objective du MRC contre le gouvernement ? Paul Biya, qui dispose en cette matière d’une réelle «force de l’expérience», a, mieux que les membres de son gouvernement qui pilotaient la réforme, compris que son périmètre d’implémentation l’avait rendue hasardeuse, et a décidé d’attendre-et même de la remettre sur le métier-une bien meilleure fenêtre d’opportunité… Il n’est pas exclu que certains entrepreneurs politiques, ayant très tôt compris que dans un ciel aussi nuageux, une pression populaire-même virtuelleassez importante ferait reculer le gouvernement, se soient publiquement engagés contre cette réforme, sans vraiment en comprendre tous les contours et en utilisant souvent des méthodes purement politiciennes, pour ensuite revendiquer la paternité de son échec et en tirer des dividendes politiques. Encore une fois, sur une question aussi technique, l’agenda politique a dicté sa logique.

Lire aussi : Importation de téléphones : le Minpostel collecte les droits de douanes via les opérateurs

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Taxes sur les téléphones : pourquoi le pouvoir a reculé
CamerounPaul Biyataxes douanièresTéléphones portablesArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

WhatsApp Image 2026-09-25 at 18.25.56Politiques PubliquesLa Guinée Equatoriale table sur un budget en baisse de 13,7 % pour 2027Malabo prévoit un budget 2027 en baisse de près de 200 milliards FCFA sous l'effet d'un recul attendu des recettes pétrolières.il y a 2 joursEpremiumClaire GallPolitiques PubliquesBarrage de Nachtigal : les impayés de Socadel poussent NHPC à réclamer des mesures urgentes à l’État camerounaisL’exploitant du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) alerte sur les impayés qui mettent sa trésorerie sous pression. Socadel ne règle actuellement que 10 % de ses factures mensuelles auprès de NHPC. Face à cette situation, la société appelle à une résolution rapide des arriérés afin de préserver la continuité de l’exploitation.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-09-25 at 10.34.38Politiques PubliquesLe Congo et le FMI engagent les négociations pour un nouveau programme économique et financierTrois mois après avoir officiellement demandé un nouveau programme au FMI, les deux parties accélèrent le processus dans un contexte marqué par des défis économiques persistants.il y a 2 joursEpremiumimage_b3a4831dPolitiques PubliquesCameroun : un gré à gré de 6,1 milliards FCFA pour la maîtrise d'œuvre d'un lot de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen phase 2Près de trois ans après la pose de la première pierre de la Section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen en décembre 2023, le lancement effectif des travaux se fait toujours attendre, sur fond de revalorisation à la hausse du budget prévisionnel.il y a 3 joursEpremiumBRTPolitiques PubliquesTransport urbain : le BRT de Yaoundé relancé avec 1,5 milliard FCFA de recettes visé dès la première année d’activitéAnnoncé depuis 2019, le projet TransYaoundé revient sur le devant de la scène avec un calendrier désormais modifié. il y a 3 joursWhatsApp Image 2026-09-25 at 12.00.49Politiques PubliquesPénurie de gaz : au Cameroun, le gouvernement serre la vis aux importateurs et distributeursFace à des pénuries qui durent depuis plus d'un mois, le gouvernement impose une série de mesures aux distributeurs, importateurs et à la SCDP.il y a 3 jours

Articles similaires

EpremiumCarriere_de_ComblanchienMines et énergiesCameroun : Oriole Resources vise un permis d'exploitation pour le gisement de calcaire de WapouzéUn récent programme de forage achevé a révélé d’importantes teneurs en calcaire sur le gisement de Wapouzé, des résultats qui doivent étayer la demande de permis d'exploitation qu'Oriole Resources compte déposer dans quelques mois.il y a 4 joursCanyonMines et énergiesCameroun : après Camrail, Canyon Resources s’offre 42,8 % du Terminal Bois du Port de Douala Le Port autonome de Douala et les autres actionnaires historiques du Terminal Bois ont accepté une nouvelle répartition du capital permettant à Camalco Cameroun, filiale de Canyon Resources, d’en détenir 42,8 %. Une nouvelle position stratégique pour le développeur de Minim Martap, déjà détenteur de 26,9 % de Camrail. il y a 2 joursEpremiumimg_72853444ConjonctureCameroun : la Présidence dépêche une mission à Istanbul pour séduire les investisseurs turcsUn accord signé à Istanbul ouvre la voie à des investissements turcs sur plusieurs projets structurants de la région du Sud notamment dans le domaine des transports et des mines. il y a 5 joursEpremiumWhatsApp Image 2026-09-25 at 9.41.47 AMBusiness et EntreprisesLe français Desautel ouvre une filiale au Cameroun après un contrat de 32,8 milliards FCFA avec l’ÉtatDéjà engagé dans la livraison de 227 véhicules de secours au Corps national des sapeurs-pompiers, le spécialiste français de la protection incendie va s’implanter au Cameroun de façon permanente.il y a 2 joursEpremiumWhatsApp_Image_2026-09-18_at_1.51.12_2K_20260918140308Business et EntreprisesCameroun : le prince Albert II de Monaco annoncé à YaoundéUne source proche de la Maison Souveraine a confirmé à EcoMatin que le souverain monégasque prépare un déplacement à Yaoundé. Une visite qui intervient plus de vingt ans après sa dernière visite dans le pays.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Marème Mbaye Ndiaye fait son retour à Ecobank après sept ans chez Société Généraleil y a 2 jours2Cameroun : l’État prépare déguerpissements et indemnisations autour de cinq aéroportsil y a 3 jours3Centrafrique : en quatre mois, Starlink rafle 70 % du marché de l'Internet fixe sans fil mais reste loin derrière en revenusil y a 6 jours4Carburants : le Congo devient le premier pays de la Cemac à commercialiser du GNL à la pompeil y a 4 jours5Cameroun : un gré à gré de 6,1 milliards FCFA pour la maîtrise d'œuvre d'un lot de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen phase 2il y a 3 jours6Le banquier Camerounais Jean Gakam se lance dans la logistiqueil y a 2 jours7Le français Desautel ouvre une filiale au Cameroun après un contrat de 32,8 milliards FCFA avec l’Étatil y a 2 jours8Rachat de Sosucam : le kenyan Kipchimchim se positionne avec l’appui d’Afriland First Bankil y a 6 jours9Dépendance énergétique : la BAD appelle la CEMAC et la RDC à construire une méga-raffinerie communeil y a 4 jours10Barrage de Nachtigal : les impayés de Socadel poussent NHPC à réclamer des mesures urgentes à l’État camerounaisil y a 2 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

nsia-19-09-2026
App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.