Au Tchad, le gouvernement a décidé de reprendre en main l’octroi des titres miniers liés aux substances stratégiques et critiques, jusque-là traités par la Société nationale des mines et de la géologie (SONEMIC). Selon une note d’instruction signée le 6 janvier 2026 par la ministre du Pétrole, des Mines et de la Géologie, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, " toutes les demandes de délivrances des titres miniers et autorisations (…) des substances stratégiques et critiques doivent passer impérativement par la Ministre du Pétrole, des Mines et de la Géologie".
Le document précise que les demandes de permis et d’autorisations portant notamment sur des substances comme le rhodium ou l’antimoine devront impérativement transiter par le cabinet de la ministre. La SONEMIC est chargée de transmettre l’ensemble des dossiers en cours aux services ministériels et d’orienter les opérateurs vers l’administration centrale.
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Le rhodium et l’antimoine font partie des minéraux critiques au cœur des chaînes industrielles mondiales. Le rhodium, métal extrêmement rare — environ 25 tonnes produites par an dans le monde, principalement en Afrique du Sud, en Russie et au Zimbabwe — est utilisé dans les catalyseurs automobiles, l’électronique et la chimie. L’antimoine, employé dans les alliages, les batteries et les retardateurs de flamme, est dominé par la Chine, qui concentre près de 50 % de la production mondiale, avec des prix internationaux autour de 8 500 dollars la tonne en 2023.
Selon les travaux de la Banque mondiale et du BRGM, relayés par le rapport ITIE 2023, le Tchad dispose d’un potentiel géologique avéré en minerais critiques encore sous-explorés, notamment dans les massifs du Tibesti et du Mayo-Kebbi, ainsi que dans plusieurs bassins sédimentaires. En renforçant son contrôle sur l’octroi des titres et la fiscalité du rhodium et de l’antimoine, N’Djamena cherche à structurer une filière capable de générer des ressources publiques et de préparer un relais à l’érosion progressive des recettes pétrolières, dans un contexte de volatilité des cours mondiaux.
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