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Politiques Publiques

Tchad : N’Djamena, capitale mondiale de l’eau le temps d’un sommet aux enjeux stratégiques

Ce sommet qui rassemble ce jour l’essentiel des décideurs africains vise aussi à promouvoir l’initiative Water Forward, lancée lors des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du FMI avec pour objectif améliorer la sécurité hydrique de 400 millions de personnes d’ici 2030.

Publiée mercredi 15 juillet 2026 à 16:51:56Modifiée mercredi 15 juillet 2026 à 18:03:28Temps de lecture 4 minPar Justin Blaise Akono

Le Tchad accueille le Forum africain de l'eau, organisé conjointement par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de l'initiative Water Forward. Placé sous le thème « De la vision à l'action », ce rendez-vous réunira pendant deux jours des chefs d'État, des ministres des Finances, de l'Eau, de l'Agriculture et de l'Énergie, ainsi que des dirigeants d'institutions régionales, de banques multilatérales de développement et du secteur privé, autour des enjeux de sécurité hydrique, de résilience climatique et d'accès à l'eau potable.

Lire aussi: Banque Mondiale : le Tchad négocie un prêt de 57 milliards FCFA pour un projet d’accès à l’eau potable

En termes de participation pour cette scène diplomatique hydrique de deux jours, N'Djamena accueillera notamment Anna Bjerde, directrice générale des Opérations du Groupe de la Banque mondiale, qui coprésidera les travaux avec le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Au-delà du dialogue politique, le forum doit permettre d'approuver la feuille de route d'investissement WASH+, de faire progresser les pactes nationaux de gestion de l'eau et de mobiliser les financements publics, privés et mixtes nécessaires pour accélérer les investissements dans le secteur.

Plus de 400 millions de personnes en manque d’eau

L'événement intervient alors que la Banque mondiale alerte sur l'urgence de la situation en Afrique. Plus de 400 millions de personnes n'ont toujours pas accès à un service de base d'eau potable et plus de 700 millions restent privées d'un assainissement de base. Sans investissements massifs, la pénurie d'eau pourrait amputer le produit intérieur brut de certains pays africains de 6 %, voire davantage dans les pays sahéliens. À l'inverse, une meilleure gestion de cette ressource est présentée comme un levier de croissance agricole, de sécurité énergétique, de santé publique et de stabilité régionale.

Pour le Tchad, cette rencontre intervient dans un contexte particulier. En juin dernier, la Banque mondiale a approuvé un financement de 160 millions de dollars (plus de 92 milliards de FCFA) destiné à améliorer l'accès à l'eau potable et à renforcer la résilience climatique dans les provinces les plus vulnérables, notamment celles qui accueillent plus de 1,3 million de réfugiés soudanais. « Dans un contexte où la pression sur l'eau et les ressources naturelles accentue les tensions entre communautés (...), cette opération contribuera à restaurer l'accès à l'eau et la confiance en l'avenir », avait déclaré Farouk Mollah Banna, représentant résident de la Banque mondiale au Tchad.

Lire aussi: Corridors Douala-Ndjamena-Bangui : la gangrène des contrôles routiers générant des milliards de FCFA de pots-de-vin par an

Le forum s'inscrit également dans une stratégie plus large de mobilisation des financements internationaux. En novembre 2025, le gouvernement tchadien avait présenté à Abou Dhabi son programme national de développement du secteur de l'eau, à l'issue duquel plus de 20 milliards de dollars d'engagements avaient été annoncés par différents partenaires. Depuis, les autorités multiplient les discussions avec les bailleurs, parmi lesquels la Banque mondiale, l'Agence française de développement (AFD), l'Union européenne et le Programme alimentaire mondial (PAM), afin de financer les infrastructures hydrauliques et d'améliorer la résilience du pays face aux effets du changement climatique.

Planète

Les enjeux sont davantage planétaires. Au-delà du cas tchadien, la Banque mondiale entend faire de ce forum la première grande étape africaine de son initiative Water Forward, lancée en avril 2026. Celle-ci ambitionne de renforcer la sécurité hydrique sur le continent en favorisant une meilleure coordination entre les États, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé. L'objectif est également d'élargir les politiques de l'eau au-delà du seul accès à l'eau potable et à l'assainissement, pour intégrer l'irrigation, la production d'énergie, la sécurité alimentaire et la coopération autour des bassins transfrontaliers, alors que près de 90 % des ressources en eau africaines sont partagées entre plusieurs pays.

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