À Yaoundé, le prix du cageot de tomates a reculé d’environ 2 500 FCFA en moins de deux mois. Au marché du Mfoundi, il se vend actuellement entre 3 000 et 4 000 FCFA, contre 5 800 à 6 500 FCFA à la mi-juillet. À Douala, les ménages font état de prix compris entre 3 500 et 4 000 FCFA. À Bafoussam, la baisse est encore plus marquée avec le cageot se négociant entre 1 000 et 2 000 FCFA, contre environ 4 000 FCFA en début d’année.
Une baisse qui intervient dans une période où plusieurs bassins de production arrivent à maturité en même temps. L'abondance est si visible que certains producteurs sont parfois contraints de louer des véhicules pour aller vendre jusque dans les quartiers, où le cageot de tomates se brade à 2 000 FCFA, surtout à la tombée de la nuit, compte tenu du caractère périssable du produit.
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Contacté par EcoMatin, JP Nana, producteur de tomates dans la localité de Ntui, région du Centre, explique que le cycle relativement court de la tomate permet aux récoltes d’affluer rapidement sur les marchés lorsque les conditions de production sont favorables. De plus, les pluies régulières observées ces derniers mois ont ainsi contribué au bon développement des plants et à une production plus abondante. « Avec les pluies qui sont assez régulières, les plantes poussent bien et donnent beaucoup […] Quand les tomates arrivent à maturité, il faut les récolter. Et si plusieurs cultivateurs récoltent au même moment, beaucoup de tomates arrivent sur le marché », souligne l’agriculteur.
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Pendant qu’il commercialise directement sa récolte de tomates de variété Cœur de bœuf depuis son camion, JP Nana soutient que la hausse de l’offre contraint les commerçants à réduire leurs prix pour écouler rapidement leurs stocks, la tomate étant particulièrement périssable. « La tomate ne se conserve pas longtemps. Il faut vendre avant que ça ne se gâte, même si cela veut dire baisser le prix », ajoute-t-il.
Charges et défis logistiques
Cette situation pèse sur les marges des revendeurs. Pour une cargaison d’une trentaine de cageots, les frais de transport et autres charges peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de FCFA. « Si je dépense 30 000 FCFA pour les tomates et encore 10 000 ou 15 000 FCFA pour le transport et les autres frais, il faut vendre beaucoup pour gagner. Mais quand tout le monde arrive avec les mêmes tomates, on ne peut pas fixer le prix comme on veut. Il faut s’adapter. Si tu es cher, le client va chez un autre », explique un commerçant du marché du Mfoundi à Yaoundé.
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Comme la plupart des commerçants de la capitale, ce dernier s’approvisionne auprès de producteurs de la localité de Foumbot, département du Noun à environ 341 kilomètres par route de Yaoundé. Selon ministère de l’agriculture, cette localité est le principal bassin de production de la tomate en fruit concentrant près de 40 % de l’offre nationale. Le Cameroun compte plus de 329 000 petits producteurs de tomates, principalement dans les régions de l’Ouest, du Centre et du Nord-Ouest, pour une production annuelle estimée à 890 000 tonnes. Selon les données 2024 de la plateforme World Integrated Trade Solution (WITS), environ 120 tonnes de tomates fraîches ont été déclarées à l’exportation depuis le Cameroun, principalement à destination du Nigeria et de l’Union européenne.
Inès Marie Nga (Stagiaire)









