Avec quels appareils la Guinée Equatoriale va-t-elle desservir son nouveau terminal de l’aéroport international de Bata géré par l’Etat et inauguré le 10 octobre dernier par le Chef de l’Etat, Obiang Nguema Mbasogo. Une infrastructure ultramoderne d’une capacité de plus de 2 millions de passagers par an, construite sur une superficie de plus de 50 000 m² par la société chinoise Ssanyong Engineering & Construction Co. Ltd pour un cout global de 109 milliards de Fcfa. Cette inquiétude provient du président de la République lors de son allocution de circonstance.
En effet, le nouveau terminal de l’aéroport international de Bata récemment inauguré s’étale entre autres sur quatre étages divisés en un sous-sol, deux étages pour la facturation, un embarquement et une terrasse de contrôle. Il dispose de cinq ponts passagers avec sept tunnels, divisés en deux pour les vols intérieurs et internationaux. C’est une infrastructure qui respecte toutes les règles de sécurité établies par l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci). D’après les autorités équato-guinéennes, en plus de fournir des infrastructures au sol permettant le traitement des aéronefs gros porteurs type A380 et B747 ; et réduire les temps d’attente des passagers (enregistrement, formalités d’immigration, retrait des bagages), ce nouveau terminal passager va booster le développement des activités touristiques sur l’île de Corisco. Il permettra également d’accélérer la transformation de la ville de Djibloho, dans le centre du pays, impactera aussi la ville de Bata, dans la mesure où elle constitue un passage obligé.
Lire aussi : Guinée Équatoriale : Ethiopian Airlines se positionne pour le rachat de Ceiba, la compagnie aérienne publique
Les travaux y relatifs ont duré un peu plus de 36 mois, ont conjointement été financés par l’Etat et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac), avec une contribution de plus de 80 milliards de Fcfa. La cérémonie a été inscrite par les autorités dans le cadre des festivités du 12 octobre, marquant la célébration du 56e anniversaire de l’indépendance du pays.
Un éléphant blanc ?
Bien que ce nouveau terminal propulse l’aéroport de Bata parmi les plus modernes de la sous-région Afrique centrale, la mise en service de ces installations intervient dans un contexte où la compagnie nationale du pays qui devrait assurer la desserte de l’espace traverse une zone de turbulence sans fin. Lors de l’inauguration du nouveau terminal de l’aéroport international de Bata, le chef de l’Etat, Obiang Nguema Mbasogo, a déploré la situation critique que traverse Ceiba Intercontinental, qui essui des difficultés opérationnelles et serait en total arrêt de ses activités. Le dirigeant a souligné que ces infrastructures pourraient subir le même sort que la compagnie aérienne Ceiba, actuellement en « déclin ». « Cela m’amène à penser que, peut-être, toutes ces grandes infrastructures, tôt ou tard, subiront le même sort que l’entreprise Ceiba, qui a été frustrée par l’incapacité et la mauvaise gestion de nos citoyens, qui ne travaillent pas dans l’intérêt du peuple mais dans l’intérêt personnel et nous ne pouvons pas gérer le pays de cette manière. », a-t-il déclaré.
Lire aussi : Guinée équatoriale : l’émirati Terminals Holding prend officiellement la gestion de l’aéroport de Malabo
Avide de solutions idoine face aux détournements massifs, le dirigeant a exhorté les membres du Gouvernement à ne pas se concentrer uniquement sur leurs intérêts personnels, mais à démontrer leur engagement envers la nation. « Il ne suffit pas de se présenter comme les propriétaires du pays et de dire qu’ils sont patriotes. Nous devons montrer que nous aimons la Guinée équatoriale, mais je vois que beaucoup ne s’intéressent qu’à se remplir les poches. Tous les aéroports du pays ont été construits, mais il nous manque une entreprise capable de couvrir les vols et de rendre opérationnelles ces infrastructures que nous avons mises au service de la population. », a-t-il conclu.
Les soucis de gestion n’ont pas permis à Ceiba intercontinental crée en 2007, d’atteindre sa vitesse de croisière, mais plutôt de tomber en faillite ouvrant la voie à la privatisation de l’entreprise qui, jusqu’ici peine à se concrétiser malgré des négociations entamées avec des géants du transport aérien comme Ethiopian Airlines. On se souvient qu’en janvier 2023, Ruslin Obiang Nsue, l’un des fils du Président de la République et Directeur Général de Ceiba était mis à l’arrêt, soupçonné d’avoir vendu un des avions de la compagnie aérienne nationale (un ATR 72-500), à l’entreprise Binter Technic spécialisée dans la maintenance aéronautique et basée à Las Palmas, sur l’île espagnole de Grande Canarie. Jugé, le 19 août dernier, à Malabo pour ces faits, une peine de dix-huit ans de prison et une amende de près de 500 millions de Fcfa (plus de 750 000 euros) ont été requises contre lui.

