Dans un contexte où de nombreux Camerounais émigrent au Canada, pays cherchant à renforcer sa communauté francophone, Royal Air Maroc (RAM) a saisi cette opportunité en inaugurant le 15 janvier dernier une nouvelle liaison long-courrier entre Douala et Toronoto, devançant ainsi le transporteur national camerounais Camair-Co sur cette liaison. Cette décision s'inscrit dans la stratégie de développement de RAM en Afrique, visant à renforcer sa position de hub aérien pour le continent.
Le transporteur marocain rejoint ainsi un marché déjà desservi par des vols avec escale proposés par Air France - KLM et Turkish Airlines, devenant le premier opérateur africain à ouvrir cette desserte. Cette nouvelle concurrence pourrait ainsi entraîner des tarifs plus compétitifs et une amélioration générale de la qualité des services proposés. De plus, les voyageurs pourront bénéficier de correspondances facilitées via le hub de RAM de Casablanca.
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Les enjeux pour Camair-Co
Au Cameroun, l'expansion des activités de Royal Air Maroc survient quelques mois après la ratification de l'accord de coopération entre le Cameroun et le Canada. En effet, le gouvernement camerounais avait annoncé en juin 2024 que cet accord prévoyait, entre autres, l'ouverture d'une liaison aérienne directe entre Douala et Toronto par Camair-Co, en partenariat avec le constructeur aéronautique canadien Bombardier, qui devrait fournir les avions et apporter son expertise en matière de maintenance. L'arrivée de Royal Air Maroc sur cette route met en évidence les défis auxquels est confrontée Camair-Co. Pour faire face à cette concurrence accrue, la compagnie camerounaise devra accélérer ses projets de modernisation, optimiser ses coûts et renforcer sa compétitivité en améliorant la qualité de ses services.
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Rappelons que le Canada a accueilli 11 000 Camerounais en 2023, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), répondant ainsi à l'objectif du gouvernement canadien d'augmenter à 6% la proportion de sa population francophone. Or, ce mouvement migratoire s'est accéléré en 2024, avec près de 6 000 Camerounais ayant immigré vers ce pays au cours des quatre premiers mois de l'année, soit une hausse significative par rapport aux mêmes périodes en 2022 et 2023. Cette émigration accrue, notamment de travailleurs qualifiés formés localement (enseignants et les personnels du corps médical), suscite de vives inquiétudes au sein du gouvernement camerounais quant à une potentielle fuite des cerveaux.

