La startup Spiro, concessionnaire de motos électriques Iindien, entend bien se positionner comme pionnier de la révolution verte en Afrique à la faveur d’un accord de financement de 50 millions de dollars (environ 30,3 milliards de Fcfa) signé avec la Banque africaine d'import-export (Afeximbank) au cours de l’Africa CEO Forum. Pour ce faire, celle-ci va tripler le nombre de motos-taxis électriques qu'elle propose à la location en Afrique (actuellement établi à 14 000) avec 50 000 motos supplémentaires et étendre ses activités dans cinq marchés africains notamment le Ghana, le Cameroun, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie. « L’élaboration de la documentation juridique va désormais s’enclencher, sur place. Avec cet appui, nous ciblons un parc de 50 000 motos électriques à l’horizon 2026, mais aussi de nouveaux marchés, à savoir le Ghana, le Cameroun, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie », a confié à Africa Business +, Anish Jain, CEO du Groupe Equitane auquel appartient la startup.
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Concrètement, cette facilité de crédit améliorera les capacités opérationnelles de Spiro et l’aidera à étendre son empreinte à davantage de pays africains tout en réduisant les émissions de gaz sur le continent. Présente au Bénin, au Togo, au Rwanda, en Ouganda et au Kenya, l'opérateur contrôlé par le conglomérat d'investissements émirati ATIF du financier Gagan Gupta (développeur de parcs industriels sur le continent africain) cumule 2,5 millions de kilomètres parcourus chaque jour et entend le multiplier dans 24 mois. « Notre objectif est de passer la barre des 10, 15, 20 millions de km/jour et ainsi continuer à réduire les émissions de carbone avec le remplacement progressif de motos à moteurs thermiques fonctionnant au carburant. Jusqu’à présent, nous avons pu réduire 120 000 tonnes d’émissions carbone grâce à Spiro », indique Anish Jain.
Une nouvelle aire pour le motocyclisme camerounais
En intégrant le marché camerounais, Spiro va rejoindre un secteur concurrentiel où sont déjà actifs plusieurs concessionnaires de motos notamment Lifan Motors, Senke, Sanili ou encore Yamaha. En 2021, la Communauté urbaine de Douala (Cud) a recensé plus de 70 000 motos-taxis en circulation dans la capitale économique, avec en moyenne 200 engins achetés par jour, des chiffres qui pourraient doubler avec l'arrivée de ce nouvel opérateur.
La particularité de cette startup réside dans le fait qu'elle propose des motos électriques d'une puissance maximale de 6,5KW avec vitesse comprise entre de 75 et 90 KM/H, ainsi que des batteries et stations permettant d'échanger les batteries électriques des motos une fois qu'elles sont à plat, comme si elles faisaient le plein d'essence dans des stations d’essence classiques. Selon le fabricant, l'initiative devrait accélérer l’adoption de véhicules électriques et améliorer l’accessibilité des solutions de mobilité durable dans le pays.
D'après le Camerounais Jules Samain, directeur général de Spiro, « choisir l'électrique est très rentable pour les usagers, car ils ne subissent pas l'inflation des produits pétroliers, n'ont pas de maintenance à effectuer comme sur une moto thermique et ont un véhicule plus durable », il tient de souligner que cette catégorie de motos fonctionne avec des batteries électriques fournies à l'énergie photovoltaïque, hydroélectrique et également au gaz naturel liquéfié (GNL).
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En implantant Spiro au Cameroun, Gagan Gupta diversifie sa présence dans le pays après avoir intégré le consortium des investisseurs du projet Zone industrielle intégrée au Port de Kribi (ZIIPK) avec Aris IIP, une structure spécialisée dans la conception des écosystèmes industriels. L'homme d'affaires indien est également présent à travers sa filiale Olam Cam qui est parmi les principaux importateurs du riz au Cameroun et dispose d’un espace moderne de conservation et stockage de ses produits au Port de Douala pour un investissement d'1,5 milliard de Fcfa.

