Faisant le point sur les activités du groupe Agence française de développement (AFD) en Afrique centrale, le 16 mai, son directeur général, Rémy Rioux, a annoncé que cette institution va apporter, pour le compte de l’exercice budgétaire en cours, un financement direct de 8 milliards Fcfa au ministère de la Santé du Cameroun pour soutenir les programmes sanitaires brutalement coupés des financements américains. Virginie Dago, directrice de l’AFD au Cameroun, se dit convaincue que la décision de Donald Trump aura un impact inévitable sur la poursuite desdits programmes. Le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a essayé de dédramatiser en annonçant que le gouvernement a mené de façon expéditive une évaluation exhaustive de l’impact direct et potentiel de cette suspension sur les programmes du VIH/Sida, tuberculose et paludisme et a dégagé des actions de mitigation à court, moyen et long termes pour assurer la continuité des activités de luttes contre les trois maladies. Sans entrer en détail.
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’arrête pas d’alerter sur le risque d’une catastrophe sanitaire liée à l’arrêt du financement des programmes de lutte contre le VIH par les États-Unis d’Amérique. Pour l’institution onusienne, la décision de l’administration de Donald Trump prise fin janvier 2025 pour 90 jours et sur laquelle le président américain n’est toujours pas revenu à l’issue de cette échéance expose les personnes vivant avec le Vih à un risque accru de maladie et de décès et risque saper les efforts de prévention de la transmission dans une cinquantaine de pays du Sud. « S’il se prolonge, cet arrêt du financement peut entraîner une augmentation du nombre de nouvelles infections et de décès, et remettre en cause des décennies de progrès. Le monde retrouverait alors la situation qu’il a connue dans les années 1980 et 1990, où des millions de personnes mouraient de l’infection à Vih chaque année, y compris aux États-Unis d’Amérique », prévient l’organisation.
Ce risque est très accru dans un pays comme le Cameroun, qui a enregistré 3 220 nouveaux cas de VIH/Sida en 2024 et où le taux de prévalence de la maladie tourne autour de 3,8%, selon United States Agency for International Development (USAID), l'agence américaine pour le développement international dont les activités ont justement été suspendues. Au Cameroun, cet organisme, à travers le PEPFAR, un programme d'aide bilatéral majeur pour lutter contre le VIH/Sida, consacrait annuellement 92 millions de dollars, soit un peu plus de 52,2 milliards de Fcfa, à cette cause. D’où la panique suscitée par l’annonce de sa suspension temporaire pour la poursuite de la lutte. C’est une double peine pour le pays dans la mesure où même l’Initiative du président américain pour le paludisme (PMI) est aussi suspendue.
Il est difficile, en tout cas, d’imaginer que le Cameroun qui fait face à d’énormes tensions de trésorerie depuis plusieurs années puisse trouver sans appuis extérieurs des solutions durables de lutte contre ces maladies.
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