elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Whisky en sachet : le gouvernement interdira ou n'interdira pas ?

Le dernier moratoire accordé aux producteurs expire le 31 décembre prochain, mais les autorités restent étonnamment muettes sur le sujet. Le gouvernement a interdit la production et la commercialisation de ces boissons depuis 2012, mais reste indécis - sur fond de légèreté - quant à leur retrait définitif du marché.

Publiée mercredi 21 décembre 2022 à 10:50:13Modifiée mercredi 21 décembre 2022 à 10:50:16Temps de lecture 5 minPar Jean Omer Eyango

Image de l'article

8 ans que la mesure d’interdiction de la production et la commercialisation du whisky en sachet peine à entrer en vigueur. Le gouvernement avait accordé aux producteurs deux moratoires successifs, d’abord sur les années 2014 et 2016, puis sur les années 2016 à 2022, deux moratoires pour leur permettre d’écouler les stocks déjà produits et amortir leurs investissements. Mais, ces moratoires ont créé un tel vide juridique que, tous les contrôles de conformité sur ces boissons avaient été suspendus par l’Agence des normes et de la qualité (Anor) en attendant la migration vers les bouteilles à l’échéance indiquée. A en juger par la floraison des marques nées entretemps et commercialisées dans un informel qui ne dit pas son nom, avec des conséquences aujourd’hui non mesurables sur la santé des consommateurs. L’échéance du 31 décembre 2022 arrêtée pour le retrait définitif de ces produits du circuit du marché va-t-elle être respectée ?

Il y a de quoi en douter au regard du mutisme qui entoure ce sujet, à 10 jours de la fin de la dérogation spéciale accordée par les autorités. Alphonse Ayissi Abena, président de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco), est radical. « Nous demandons au gouvernement d’être ferme. Nous ne voulons plus de moratoire parce que ces boissons font des ravages en ville comme au village ». En effet, contrairement à l’année 2021 où il avait abordé la question au Parlement et promis fermement qu’il n’y aurait de whisky en sachet sur le marché passé ce délai, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Gabriel Dodo Ndoke, ne s’est exprimé ni devant le Sénat, ni devant l’Assemblée nationale sur cette question lors de la session de novembre-décembre. Or, un an plus tôt, il jurait qu’ « à partir du 1er janvier 2023, la norme devrait être appliquée et respectée par tous dans ce domaine ». Plus curieux, même les sénateurs et les députés ont fait l’impasse sur la question.   

Critiques        

Officiellement, la vente du whisky en sachet est interdite au Cameroun pour des raisons de santé publique. Car, en plus de leur forte teneur en alcool, la plupart des marques de whisky en sachet (et même ceux conditionnés dans les bidons) contiendraient du méthanol, une substance très nocive pour l’homme. Dans un arrêté conjoint signé le 12 septembre 2014, les ministres de la Santé publique, du Commerce et des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, ont rendu d’application obligatoire la norme sur la production des liqueurs et autres spiritueux. Cette mesure du gouvernement donnait ainsi aux producteurs camerounais 24 mois pour écouler les stocks existants. Le directeur général de l’Anor, Charles Booto à Ngon, avait effectué une sortie à la suite de cette décision pour indiquer que passée l’échéance du 17 septembre 2016, plus aucun whisky en sachet ne serait plus présent sur le marché. La mesure gouvernementale, largement saluée par l’opinion, avait essuyé de vives critiques de la part des producteurs. Notamment, de Fermencam, producteur des marques King Arthur, Lion d’Or, etc. 

Argument économique

Son directeur général, Maurice Djeutchoua, avait brandi l’argument du nombre d’emplois créés par son unité de production et son chiffre d’affaires en constante progression (12 milliards Fcfa en 2013 contre 9 milliards Fcfa un an plus tôt). Mais,  8 ans après, c’est le statu quo, signe que l’argument économique l’a emporté sur celui de santé publique. Entretemps, rien ne filtre sur les travaux du programme d’accompagnement des acteurs du secteur, mis en place par le ministère des Mines. Celui-ci se déclinait ainsi qu’il suit : l’identification et la localisation de toutes les entreprises concernées ; l’implication des autorités administratives pour la lutte contre la contrebande et la contrefaçon dans le secteur ; la réception dans les services de ce département des plans de migration de chacun des acteurs (c’est chaque acteur qui propose son plan de migration, c’est chaque acteur qui acquiert ses équipements et qui doit les réadapter pour se conformer à terme à la norme) ; la notification de l’arrêté à l’effet de lancer formellement le programme d’accompagnement, puis introduire une nouvelle disposition qui soumettra l’importation de l’alcool éthylique à une procédure de déclaration annuelle.

Par ailleurs, il était prévu l’organisation régulière des descentes dans les entreprises à l’effet de contrôler et de suivre la qualité de produits contenus dans le sachet ; le suivi de la collaboration existante entre ces entreprises et les laboratoires d’analyses nationaux et internationaux ; le suivi de la mise en œuvre des plans de migration que ces entreprises ont transmis à l’administration et la manière dont elles les mettent en œuvre elles-mêmes. Ces plans de migration visaient, entre autres objectifs, à permettre aux producteurs de modifier progressivement leur outil de production en prélude à l’interdiction totale de la commercialisation de whisky en sachet à partir de janvier 2023 et à restructurer leurs stratégies commerciales à l’effet d’étendre leur marché vers les pays étrangers.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Whisky en sachet : le gouvernement interdira ou n'interdira pas ?
whisky en sachetinterdictionArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Jaime2Politiques PubliquesTitres publics : le Cameroun veut emprunter 125 milliards FCFA sur des BTA de 13 et 26 semainesEn quête de 125 milliards de FCFA ce 5 octobre, le Trésor camerounais revient sur le marché de la BEAC pour rebondir après des émissions récentes aux résultats mitigés.il y a 3 joursWhatsApp Image 2026-09-07 at 18.10.03 (1)Politiques PubliquesGuinée Equatoriale : la chute des recettes publiques met le budget 2026 sous pressionSix mois après le début de l'exercice, seuls 39,2 % des recettes prévues sont rentrés dans les caisses de Malabo. Le pétrole, dont les revenus ont chuté de 42,6 %, est la principale cause malgré une envolée du prix sur le marché international. il y a 3 joursMahamat IDI Signe1Politiques PubliquesTchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jourÀ trois mois de l’exemption de visa annoncée pour les ressortissants africains, le Tchad enregistre une forte progression des demandes sur sa plateforme électronique.il y a 4 joursFRANCE-GABON-POLITICS-DIPLOMACYPolitiques PubliquesGabon : Libreville retourne sur le marché international pour lever 580 millions de dollars Après les 920 millions de dollars mobilisés en juillet, une nouvelle opération de 580 millions est en préparation, tandis que le projet de budget 2027 prévoit déjà près de 1,9 milliard de dollars d'emprunts internationaux.il y a 4 joursEpremiumMacron-et-MidiPolitiques PubliquesEntre la France et le Tchad, les coulisses d'un rapprochementLes rapports entre les deux pays s'étaient considérablement dégradés il y a deux ans, après la rupture de l'accord de défense. il y a 4 joursEpremiumGABON-COUPPolitiques PubliquesGabon : un déficit de financement de 578 milliards FCFA par an menace l’investissement (Rapport)Selon le diagnostic posé par la Banque africaine de développement, deux secteurs clés de l’économie concentrent plus 80% des besoins de financement d’ici 2030. il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 3 jours2Banques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsil y a 23 heures3Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale il y a 5 jours4Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 4 jours5Yvon Sana Bangui prend la tête de l’Institut chargé de préparer la future Banque centrale africaine il y a 6 jours6Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 3 jours7Cameroun : le bénéfice net de PlaYce tombe à son plus bas niveau depuis son ouvertureil y a 6 jours8Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 4 jours9Cameroun : le projet ferroviaire avec la RCA permettrait à Kribi de capter 5 % du commerce mondial de minerai de feril y a 5 jours10Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.