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« 2026 sera l’année de la rupture » : Henri-Claude Oyima dévoile la nouvelle doctrine budgétaire du Gabon

Devant les administrations économiques et financières, le ministre gabonais a annoncé une rupture avec les pratiques habituelles, dénonçant fuites fiscales, exonérations injustifiées, engagements hors budget et projets mal conçus. Un premier gros test pour le banquier qui entend imposer au secteur public les standards de rigueur du privé.

Publiée vendredi 5 décembre 2025 à 12:59:39Modifiée vendredi 5 décembre 2025 à 12:59:40Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

Oyima Henri Claude
Henri-Claude Oyima, ministre de l'Economie et des Finances du Gabon

Présentant le 4 décembre les orientations gouvernementales pour l’exécution du budget 2026, le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, a délivré un message de fermeté, marqué par une volonté affichée de rompre avec les pratiques du passé. L’enjeu est de taille au regard des ambitions budgétaires fixées par l’exécutif. Pour 2026, le budget de l’État bondit de 51 % pour atteindre 6 358,2 milliards FCFA, tandis que la croissance du PIB est attendue à 6,5 %, contre une projection de moins de 2 % en 2025 selon le FMI.

L’atteinte de cet objectif passera indubitablement par une collecte optimale des ressources et une meilleure efficacité des dépenses. Sur le volet des recettes budgétaires (4 154 milliards FCFA projetés), le gouvernement exige désormais une mobilisation pleine et entière des ressources fiscales et douanières. La Direction générale des Impôts devra atteindre les 1 544 milliards FCFA inscrits dans la loi de finances, un objectif que le ministre décrit comme un impératif de souveraineté. « Le pays ne peut plus se permettre de perdre des centaines de milliards en fuites fiscales », a-t-il affirmé, dénonçant les sous-déclarations, les contrôles inachevés et les recouvrements abandonnés. Aux Douanes, l’exigence est la même : sécuriser les 707 milliards FCFA qui leur sont assignés et rompre avec les valeurs minorées, les exonérations injustifiées et les circuits parallèles aux frontières. « Une douane forte, intègre et disciplinée est un pilier essentiel de notre souveraineté économique », a insisté Henri-Claude Oyima.

Sur les dépenses, le gouvernement impose un changement de méthode radical. Les engagements hors budget, les dépassements de crédits et les validations complaisantes devront disparaître. La Direction générale du Budget est sommée de restaurer la discipline et la sincérité budgétaire. « Un État sérieux ne laisse plus dériver ses crédits », a martelé Henri-Claude Oyima, annonçant un contrôle financier renforcé et une traque aux dépenses non prioritaires.

Lire aussi : Gabon : le Parlement opère une coupe de 13% dans le budget 2026 porté à 6 358,2 milliards FCFA

L’investissement public devient aussi la colonne vertébrale du budget 2026 avec 2 119 milliards FCFA, un niveau inédit. Mais, a martelé le dirigeant, aucun franc ne sera dépensé sans contrepartie. « Le Gouvernement ne financera plus de projets mal conçus, mal documentés ou mal suivis » a averti le ministre. Les administrations sectorielles et les coordonnateurs de projets sont désormais tenus de préparer des dossiers solides, d’anticiper les obstacles et de rendre compte régulièrement. Quant aux établissements publics, ils devront produire leurs comptes dans les délais et démontrer leur utilité, faute de quoi leurs subventions seront suspendues.

Au-delà des chiffres, le ministre a installé une nouvelle culture administrative, fondée sur le respect strict du calendrier légal : arrêt des visas du Trésor au 31 décembre, clôture de la période complémentaire au 31 janvier, production des comptes au 30 mars, dépôt de la loi de règlement au 30 juin. Ces délais ne sont plus des formalités, mais des obligations. « Si un seul maillon faiblit, c’est toute la chaîne qui se disloque », a averti le ministre. La mise en œuvre de cette nouvelle trajectoire budgétaire constituera un indicateur clé de la capacité de l’État gabonais à traduire ses ambitions en résultats. Pour Henri-Claude Oyima, habitué aux standards du secteur privé, il s’agit d’un premier test face à une administration dont les fragilités structurelles ont souvent entravé l’exécution des politiques publiques, comme le rappelle régulièrement le FMI.

Lire aussi : Gabon : le Parlement valide un budget 2026 record de 7 233 milliards FCFA (+72%)

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