Le Parlement gabonais (Assemblée nationale et Sénat) a adopté, le 28 octobre 2025, le projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2026. Ce texte, élaboré lors du Conseil des ministres du 8 septembre précédent, fixe le budget global à 7 233,3 milliards FCFA, soit une hausse spectaculaire de 72 % en glissement annuel.
Cet ambitieux programme budgétaire a été adopté en dépit des sérieuses inquiétudes soulevées par plusieurs institutions financières internationales. À titre d’exemple, dans une note publiée le 3 octobre 2025, l’agence internationale de notation Fitch Ratings a exprimé des réserves notables. L’institution a notamment pointé un déficit budgétaire jugé excessif et a qualifié certaines ambitions d’investissement d'« irréalistes ».
Le gouvernement gabonais fonde son PLF 2026 sur des recettes ambitieuses, tablant sur 4 327,2 milliards FCFA, soit une augmentation prévue de 44 % par rapport à 2025, grâce notamment à une anticipation de meilleure mobilisation fiscale et d'une stabilisation des cours pétroliers. Cependant, cette forte embellie des revenus de l'État sera largement atténuée par la hausse spectaculaire des dépenses totales, qui bondissent de 120 % pour atteindre 5 633,7 milliards FCFA. Cette envolée est principalement tirée par les dépenses d’investissement, cœur de la politique de relance. celles-ci progressent de 460 % pour s'établir à 3 321,5 milliards FCFA tandis que les dépenses de fonctionnement bondissent de 79 %, passant de 1 995 milliards FCFA en 2025 à 3 569 milliards FCFA en 2026.
Simultanément, les dépenses de transfert augmentent également de 26 %, s'élevant à 441,4 milliards FCFA, et les charges financières de la dette bondissent de 20 % pour atteindre 419,8 milliards FCFA. Logiquement, l'explosion des dépenses d'investissement entraîne une forte expansion du déficit budgétaire, qui passerait de 1 208,3 milliards FCFA en 2025 à 3 213,3 milliards FCFA en 2026, soit près du triple. Pour couvrir ce déficit massif, le Gabon prévoit de le financer par la dette, en mobilisant 60 % des financements en monnaie locale et 40 % en devises étrangères, en s'appuyant sur le soutien des partenaires internationaux.
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