Le Gabon aurait besoin de 1 177,7 millions de dollars par an, soit 677 milliards FCFA pour accélérer sa transformation structurelle et rejoindre, à l'horizon 2030, le niveau des pays en développement les plus performants, selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD) dans son dernier rapport pays. Ce manque de ressources affecte les secteurs jugés déterminants pour la transformation structurelle de l'économie. La preuve, les besoins les plus importants concernent les infrastructures (72,2% du total) contre 12 % pour l'énergie, 11,1 % pour l'éducation et 4,7 % pour la productivité. « L’analyse met en lumière une mobilisation insuffisante des ressources dans ces secteurs, générant un déficit annuel de financement de 1 005,8 millions de dollars (environ 578 milliards FCFA) », fait remarquer l’institution présidée par le Mauritanien Sidi Ould Tah.
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À long terme, et suivant l'Agenda 2063 de l'Union africaine, Libreville devrait mobiliser 206,1 millions de dollars par an pour atteindre ses objectifs de transformation structurelle pour un déficit de financement estimé à 176 millions de dollars. Ces besoins révèlent, selon l'institution, les « limites d'un modèle de financement encore trop dépendant des recettes cycliques et des flux externes volatils ». Ainsi, dans un contexte de fragmentation financière mondiale, de contrainte budgétaire, la soutenabilité du développement gabonais repose sur plusieurs leviers.
La banque basée à Abidjan recommande d'abord d'élargir l'assiette fiscale, alors que les recettes fiscales représentaient 62 % des recettes publiques en 2024. Elle préconise la facture normalisée et la digitalisation de la fiscalité via Digitax et SIG FiP, la réduction des niches fiscales et de la parafiscalité, la lutte contre les flux financiers illicites et l'amélioration de la fiscalité foncière et environnementale. Côté dépenses, l'optimisation passe par le Système intégré de gestion de l'investissement public (SIGIP) et le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH).
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Le gouvernement est également appelé à mettre en œuvre le nouveau Code des investissements, à simplifier les procédures administratives, à opérationnaliser le cadre des partenariats public-privé (PPP) et à renforcer la transparence contractuelle. La BAD invite en outre le pays d'Oligui Nguema à développer des financements alternatifs : capital-investissement, crédit-bail, obligations vertes, bleues et sociales, guichet de refinancement de l'habitat. Elle recommande de mieux coordonner les fonds publics existants et d’adopter une stratégie nationale de financement climatique, avec un registre national du carbone, des instruments thématiques et une fiscalité verte cohérente. Elle plaide enfin pour un meilleur accès aux ressources concessionnelles, notamment les fonds climatiques, et aux garanties permettant de mobiliser le financement à grande échelle.
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Rappelons que dans le projet de loi de finances 2027, le Gabon table sur les dépenses d’investissement de 1 058,4 milliards FCFA contre 1 169,1 milliards FCFA inscrits dans le collectif budgétaire 2026, soit une baisse de 110,7 milliards FCFA.













