La Société camerounaise de chemins de fer (SCCF), véhicule à travers lequel Africa Global Logistics (AGL) détient sa participation majoritaire dans Camrail, est restée déficitaire en 2025. Selon les comptes d’AGL Railways consultés par EcoMatin, la société a enregistré une perte de 69 088 euros, soit environ 45,3 millions de FCFA. Il s’agit de son septième exercice consécutif dans le rouge depuis 2019.
La perte s’est toutefois réduite par rapport à 2024, exercice au cours duquel elle avoisinait 84 000 euros, soit 55 millions de FCFA. Depuis 2019, SCCF n’a dégagé aucun bénéfice annuel dans les comptes examinés par EcoMatin. Sur sept exercices, les pertes cumulées approchent 454 000 euros, près de 300 millions de FCFA. Cette succession de résultats négatifs doit cependant être distinguée des performances de Camrail. SCCF n’exploite pas elle-même le réseau ferroviaire camerounais ; elle sert principalement de véhicule de participation dans le concessionnaire. Les deux sociétés disposent donc de comptes distincts. Les informations publiées par AGL montrent d’ailleurs que le résultat d’exploitation de Camrail s’était redressé de –507 millions de FCFA en 2022 à +1,1 milliard en 2023.
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La situation capitalistique a, entre-temps, fortement évolué. SCCF ne détient désormais plus que 51 % de Camrail, contre 77,4 % auparavant. Camalco, filiale camerounaise de l’australien Canyon Resources, est devenue le deuxième actionnaire avec 26,88 %, devant l’État du Cameroun (15,07 %) et AGL Railways (7,04 %). Camrail confirme aujourd’hui cette répartition de son capital. Cette recomposition s’est accompagnée d’un important renforcement des fonds propres du concessionnaire. Le 2 avril 2026, les actionnaires ont approuvé une opération de 16,07 milliards de FCFA, comprenant une augmentation du capital social de 7,93 milliards et une prime d’émission de 8,14 milliards. Le capital de Camrail est ainsi passé de 15,31 à 23,24 milliards de FCFA.
L’entrée en force de Camalco répond notamment aux futurs besoins logistiques du projet de bauxite de Minim-Martap. Canyon Resources explique que sa participation dans Camrail doit lui permettre de sécuriser des capacités ferroviaires pour acheminer le minerai vers le littoral. Le démarrage des exportations a toutefois été repoussé, alors que Camrail poursuit la modernisation d’un réseau sur lequel le trafic marchandises reste autour de 1,5 million de tonnes par an.
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