Le Cameroun passe à la phase opérationnelle de son projet de création d’un Institut professionnel de la microfinance (IPMC), un an après avoir engagé les premières démarches pour mettre sur pied cette structure. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a lancé le 15 septembre 2026 un appel d’offres international de 298,52 millions de FCFA pour recruter le consultant qui sera chargé de concevoir, mettre en place puis tester le fonctionnement de l’Institut pendant 18 mois.
Le projet est financé par un don de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), tandis que l’État camerounais prendra en charge les taxes. Le marché, ouvert aux cabinets africains, arabes et aux groupements arabo-africains, doit être attribué à l’offre présentant la meilleure combinaison technique et financière. Les candidats ont jusqu’au 16 novembre 2026 pour soumettre leurs offres.
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Le consultant retenu disposera d’une première période de neuf mois pour élaborer le plan de travail, évaluer les coûts, préparer le programme de communication, concevoir les unités et programmes de formation et accompagner la mise en œuvre de l’Institut. Une deuxième période de neuf mois sera consacrée à l’application pratique du modèle. Le prestataire devra en mesurer les résultats, apporter les ajustements nécessaires puis élaborer le budget permettant une mise en œuvre « optimale et effective » du projet.
L’initiative intervient alors que le Cameroun constitue de loin le premier marché de la microfinance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). À fin 2024, il concentrait 384 des 521 établissements de microfinance (EMF) en activité dans la sous-région, soit près de trois établissements sur quatre. Cette domination numérique masque toutefois des fragilités persistantes.
À l’échelle de la CEMAC, les établissements de microfinance cumulaient 178 milliards de FCFA de créances en souffrance, représentant 12,6 % de l’encours des crédits, selon les données de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Le superviseur avait également procédé au retrait de 70 agréments en 2024, dans un secteur où plusieurs établissements ont été placés sous administration provisoire ou engagés dans des restructurations.
Le gouvernement n’a toutefois pas encore précisé, dans le nouvel appel d’offres, le budget définitif de fonctionnement de l’IPMC, son implantation, son statut juridique, ni le nombre de professionnels qu’il devrait former. Ces paramètres font précisément partie de l’équation que devra aider à résoudre le consultant retenu.










