Au Gabon, le projet de loi de finances pour l’exercice 2025 a été approuvé le 8 septembre dernier en conseil de ministre et sera soumis à l’appréciation du parlement. Le texte n’a pas été rendu publique en intégralité mais selon un communiqué de la Présidence, le budget de l’État pour le prochain exercice devrait s’équilibrer en ressources et en emplois à 7 233,3 milliards FCFA (soit environ 13 milliards de dollars). Cette prévision représente une hausse exceptionnelle de 72% par rapport à 2025.
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Le gouvernement table également sur une croissance économique de 7,9 %, après une dynamique plus modeste en 2025 (autour de 3 %). Cette progression repose essentiellement sur le dynamisme attendu du secteur hors pétrole, les grands projets d’investissement et une meilleure mobilisation des recettes fiscales grâce à la digitalisation, à la fin des exonérations et à l’instauration de nouvelles contributions.
Recettes en forte hausse
La forte hausse du budget de l’État en 2026 est en partie corrélée à des objectifs de recettes record soit 4 327,2 milliards FCFA contre 2 861,6 milliards projetés en 2025 (+51 %). Dans le détail, l’État mise sur 1 525 milliards FCFA de recettes pétrolières, 1 541,4 milliards de fiscalité intérieure, 707,3 milliards de droits de douane, 75 milliards de revenus tirés des participations pétrolières, 58,7 milliards hors pétrole, et 419,8 milliards provenant des administrations sectorielles. Une fois déduits les prélèvements obligatoires, les recettes nettes atteindraient 3 664,1 milliards, soit près de 1 200 milliards de plus qu’en 2025.
Triplement des dépenses d’investissements
Les dépenses de fonctionnement sont fixées à 3 569 milliards FCFA en 2026, contre 1 995 milliards en 2025 (+79 %). Dans ce poste, le service de la dette absorbe la plus grosse part avec 1 676,7 milliards suivi des dépenses de personnel (959,7 milliards contre 825 milliards en 2025) et des transferts (441,4 milliards, contre 350milliards). Les autorités insistent sur une meilleure maîtrise de la masse salariale via les mises à la retraite systématiques et la digitalisation des procédures.
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Côté Investissement, Libreville multiplie son enveloppe par six avec un budget de 3 321,5 milliards FCFA contre 592,6 milliards en 2025. Cette orientation reflète la stratégie du « budget base zéro », qui privilégie des projets jugés stratégiques pour la modernisation des infrastructures (routes, énergie, numérique, eau, logement). L’effort traduit aussi la volonté de diversifier l’économie et de stimuler le secteur hors pétrole, attendu en croissance de +9,2 %.
Un déficit en forte expansion, financé par la dette
En 2025, le besoin de financement du budget s’élevait à 1 208 3 milliards FCFA. L’explosion des dépenses d’investissements prévues en 2026 ferait passer celui-ci à 3 213,3 milliards FCFA, soit presque trois fois plus. Pour mobiliser ces financements le gouvernement prévoit un recours équilibré : 60 % en monnaie locale, par une mobilisation du marché financier régional, et 40 % en devises étrangères, avec le soutien des partenaires internationaux. L’exécutif promet de ne démarrer que les projets disposant d’un financement sécurisé, afin d’éviter les chantiers bloqués.
Rappelons que les prévisions budgétaires reposent sur l'hypothèse d'un baril de pétrole attendu à 65,1 USD (+5 % sur 2025), une production en légère baisse à 11,4 millions de tonnes (-3 %), un recul du manganèse (-3,3 %) compensé par une reprise de la production forestière (+3,2 %), et un taux de change moyen de 570,9 FCFA/USD (-2,6 %).
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