Nouveau rebondissement dans l’affaire Glencore. Six anciens employés du négociant suisse de matières premières ont été inculpés par le Serious Fraud Office (SFO), département de la justice britannique chargé des fraudes graves, pour conspiration en vue d’effectuer des paiements corrompus au profit des opérations pétrolières du groupe en Afrique de l’Ouest. Selon un communiqué publié le 10 novembre, Martin Wakefield, David Perez, Alex Beard, Andrew Gibson, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga sont poursuivis pour des faits présumés de corruption liés à l’attribution de contrats pétroliers au Cameroun, au Nigeria et en Côte d’Ivoire entre 2007 et 2014.
D’après le document, les investigations du SFO portent sur un système de paiements illicites versés à des responsables publics de ces pays pour obtenir des avantages commerciaux indus. Trois des accusés – Andrew Gibson, Martin Wakefield et David Perez – font également l’objet de poursuites pour falsification de documents comptables, notamment des factures présentées comme des honoraires de conseil à une société nigériane. Lors de l’audience de mise en accusation tenue lundi dernier à la Southwark Crown Court à Londres, quatre des prévenus ont plaidé non coupables. Leur procès est prévu pour octobre 2027 et devrait durer plusieurs mois.
Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un contexte où plusieurs pays africains concernés, dont le Cameroun, attendent toujours les suites locales du dossier. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), qui s’est constituée partie civile, a déposé une plainte devant le Tribunal Criminel Spécial (TCS) de Yaoundé le 6 novembre 2023, mais les auditions n’ont pas encore commencé. Dans une récente communication, son administrateur directeur général, Adolphe Moudiki, a réaffirmé sa confiance dans la justice camerounaise et appelé à une accélération des procédures.
Pour rappel, Glencore avait reconnu en 2022, devant la justice britannique, avoir versé près de 7 milliards de FCFA en pots-de-vin à des responsables publics et à des dirigeants d’entreprises d’État africaines, dont la SNH et la Sonara, entre 2007 et 2018, pour obtenir des avantages commerciaux sur les cargaisons de brut. Si le procès attendu à Londres devrait lever une partie du voile sur le rôle des anciens cadres du groupe, le volet camerounais de l’affaire demeure en suspens, faute d’avancées judiciaires concrètes.
Lire aussi : Pétrole : le Tchad réclame 2,2 milliards FCFA à Glencore pour financer le transit de son brut vers le Cameroun

