En 2024, l'activité de Société Générale en Afrique a enregistré un léger ralentissement. Selon les résultats du groupe bancaire français, publiés le 6 février dernier, le Produit Net Bancaire (PNB) a connu un recul significatif, s’établissant à 1,9 milliard d’euros (plus de 1 246,3 milliards de Fcfa) sur le continent. Cette performance, qui représente 7,08 % du chiffre d’affaires du groupe (26,78 milliards d’euros) est en baisse de 5,94 % (12 millions d’euros, soient 7,8 milliards de Fcfa) par rapport aux 2,02 milliards d’euros (1 325 milliards de Fcfa) enregistrés un an plus tôt. Cette contraction intervient après que le groupe ait cédé plusieurs de ses filiales sur le continent, une stratégie de recentrage des activités opérée par le top manager de l’établissement de crédit.
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Depuis juin 2023 en effet, Société Générale poursuit, à grande vitesse, son programme de cessions et son désengagement en Afrique. Le groupe français a déjà annoncé des accords de cession de 7 de ses 17 filiales sur le continent. Notamment au Burkina Faso, au Congo, en Guinée Equatoriale, en Mauritanie, au Mozambique, au Tchad et dernièrement au Maroc. Société Générale songe désormais à se désengager au Ghana, en Tunisie et principalement au Cameroun où les tractations connaissent un rebondissement inattendu.
Le cas de Société Générale Cameroun
Alors que des sources médiatiques annonçaient avec insistance un accord de principe entre Société Générale et le burkinabé Coris Bank piloté par Idrissa Nassa, en vue du rachat de la deuxième plus grande banque du Cameroun avec un total bilan de 1 454 milliards Fcfa et un bénéfice net de 30 milliards de Fcfa en 2023, Yaoundé a décidé le 16 janvier dernier, d’exercer son droit de préemption. L’État camerounais, qui contrôle 25,6% du capital de la filiale locale de Société Générale, s’est attaché les services du cabinet Grant Thornton pour une contre-valorisation de la banque. Celle-ci a été effectuée sur la base du modèle d'actualisation des dividendes (Discounted Dividend Model, DDM). Les calculs effectués valorisent Société Générale Cameroun à 211,1 milliards de Fcfa soit environ 321,9 millions d’euros. Sur la base de cette estimation, Yaoundé doit payer 122,64 milliards Fcfa, correspondant aux 58,08% que le groupe français détient dans le capital de sa filiale. On ignore à ce stade si les discussions entre Société Générale et le Cameroun avancent, mais à la Défense (siège du groupe en France) la cession de cette filiale n’est plus une option.
Vision stratégique pour le groupe
À la tête du groupe bancaire français, Slawomir Krupa cherche, à travers la vente de ses filiales africaines, à accroître la rentabilité du groupe dans un contexte économique dégradé et géopolitique tendu. Ainsi, le dirigeant met un accent particulier sur une allocation plus efficace des capitaux propres et une meilleure gestion des risques, avec pour objectif en filigrane de faire remonter le cours l'action tout en se concentrant notamment sur deux moteurs de croissance : Boursorama, rebaptisée BoursoBank, et Ayvens, sa filiale de leasing. Il s’agit d’ailleurs des deux activités auxquelles le groupe alloue du capital supplémentaire, les autres métiers devant croître organiquement.
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« Nous renforcerons le Groupe en façonnant un business model simplifié. Nous prendrons les décisions nécessaires pour renforcer le capital et gagner en flexibilité, améliorer structurellement notre efficacité opérationnelle et maintenir notre gestion exigeante des risques au meilleur niveau », avait annoncé Slawomir Krupa lors de son Capital Markets Day à Londres en septembre 2023.

