La volonté du groupe français de se retirer du Cameroun, comme dans tous les pays africains, aiguise les appétits des acteurs locaux qui voient en ce départ une opportunité. Deuxième plus grande banque du Cameroun avec un total bilan de 1 454 milliards FCFA en 2023, Société Générale a surtout réalisé un bénéfice net de près de 30 milliards FCFA soit la meilleure performance sur cet indicateur. Des chiffres qui séduisent les investisseurs internationaux et nationaux. À l’échelle locale, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), un établissement à capitaux publics qui gère le fonds des retraités, a exprimé son besoin de racheter cette filiale.
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L’information a été confirmée par une source gouvernementale qui a requis l’anonymat compte tenu de son implication dans la transaction. Selon notre source, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo, le patron de la CNPS, a bien adressé une correspondance au ministre des Finances Louis Paul Motaze, sa tutelle financière, pour lui signifier son intention de candidater au rachat. Objectif : faire de la banque une filiale de la CNPS. Pour ce faire, le dirigeant a indiqué avoir constitué des alliances avec des investisseurs locaux dont l’identité n’a pas été dévoilée. Une requête qui, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, n’a pas prospéré auprès du membre du gouvernement, ce qui est perçu par notre source comme une mise à l’écart des autorités.
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L’offre de la CNPS refait surface alors que le feuilleton du retrait de Société Générale au Cameroun a connu un nouveau rebondissement le 16 janvier dernier après que l’État Camerounais ait exercé son droit à préempter, c’est-à-dire à se positionner comme l’acheteur prioritaire des participations du groupe bancaire français. Cette décision met sur la touche le groupe Coris Bank, favoris au rachat, et relance les débats sur un potentiel cessionnaire. Pour l’expert financier Georges Meka Abessolo, le rachat par l’État de la filiale Société Générale Cameroun est « une question d’intérêt national et une opportunité de bâtir la nouvelle architecture financière ».
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Officiellement, Yaoundé n’a pas manifesté un besoin de devenir majoritaire (même indirectement) et le silence face à la requête de la CNPS semble indiquer que ce choix ne lui correspond pas. Il faut dire que le fonds de retraite est également impliqué activement dans la reprise des 51% des actifs détenus par le fonds d’investissement britannique Actis dans le tour de table de la société Energy of Cameroon (Eneo), concessionnaire du service public de l’électricité dans le pays.
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L’une des pistes les plus plausible est celle du choix d’un privé pour reprendre la boutique. C’est d’ailleurs ce qu’il fait actuellement avec CBC. Pour l’instant, le sujet qui divise entre le Cameroun et Société Générale est celui de la valorisation de la Banque. Dans un courrier, le ministre des Finances fait une proposition de 122,64 milliards FCFA correspondant aux 58,08% que le groupe français détient dans le capital de la banque. On ignore à combien l’actif a été valorisé du côté de Société Générale. Mais la méthode d’évaluation de Grant Thornton laisse croire que le prix a été abaissé.









