Le gouvernement camerounais prépare une vaste opération de remise en ordre du foncier autour de cinq plateformes aéroportuaires : Yaoundé-Nsimalen, Douala, Garoua, Maroua-Salak et Koutaba. Réuni en Conseil de cabinet le 23 septembre 2026, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, l’exécutif a demandé un recensement des occupations irrégulières, la clarification des limites des domaines aéroportuaires et, à terme, le déguerpissement des occupants installés sur les emprises concernées. À l’origine de cette décision, expliquent les ministères des Transports et des Domaines, les réserves foncières destinées aux aéroports sont progressivement grignotées.
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Le communiqué du Conseil évoque des « occupations irrégulières et de nombreux contentieux fonciers », mais aussi des emprises insuffisamment sécurisées et parfois mal délimitées. Plus surprenant, des titres fonciers auraient été attribués à des personnes physiques ou morales à l’intérieur même de certains domaines aéroportuaires.
La première étape ne sera toutefois pas de déguerpir immédiatement. Le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières doit d’abord conduire, avec son homologue des Transports, « un état des lieux foncier et cadastral exhaustif » pour chaque aéroport. Ce travail doit permettre de reconstituer les limites légales des emprises, identifier les occupants et distinguer les installations irrégulières des propriétés disposant de droits susceptibles d’ouvrir la voie à une indemnisation.
Une facture encore inconnue
Une fois cette cartographie achevée, le gouvernement prévoit la délimitation physique des terrains, la réalisation de clôtures, l’établissement ou la régularisation des titres fonciers ainsi que la récupération des parcelles occupées illégalement. Les déguerpissements ne devraient donc intervenir qu’au terme de cette clarification juridique et cadastrale. L’opération pourrait néanmoins avoir un coût pour les finances publiques. Le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, reconnaît que « des moyens financiers sont nécessaires pour les indemnisations ». Aucun montant n’a pour l’instant été avancé, le nombre de personnes ou de biens susceptibles d’être indemnisés restant à déterminer.
Pour Yaoundé, l’enjeu dépasse la seule récupération du foncier. Le gouvernement estime que l’occupation des emprises compromet la sûreté des installations, la sécurité des opérations aériennes et les possibilités d’extension future des infrastructures.
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Aux abords des pistes, certaines constructions peuvent également constituer des obstacles pour les aéronefs ou exposer les populations aux effets du souffle des réacteurs. Le dossier prend enfin une dimension plus urgente à l’approche d’une mission d’audit de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) annoncée pour novembre 2026. D’ici là, le gouvernement veut au minimum avoir engagé la remise en ordre d’un patrimoine aéroportuaire dont certaines limites foncières restent, de son propre constat, insuffisamment maîtrisées.
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