Au Cameroun, les sommes récupérées par l’État à la suite de condamnations pécuniaires ont légèrement augmenté en 2025. Selon la Commission nationale anti-corruption (Conac), l’organisme public chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption, la Société de recouvrement des créances (SRC), chargée notamment de récupérer les créances dues à l’État et à certains organismes publics, et le Tribunal criminel spécial (TCS), juridiction spécialisée dans les affaires de détournement de deniers publics, ont recouvré ensemble 5,8 milliards de FCFA, contre 5,6 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 3,6 %.
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Dans le détail, la SRC concentre l’essentiel des montants récupérés, avec 5,4 milliards de FCFA, tandis que le TCS a obtenu 382,1 millions de FCFA au titre de la restitution du corps du délit, c’est-à-dire des sommes ou biens correspondant aux détournements poursuivis. Les recouvrements concernent principalement deux établissements publics : le Crédit foncier du Cameroun (CFC), pour 2,9 milliards de FCFA, et la Société immobilière du Cameroun (SIC), pour 1,8 milliard. Si la Conac y voit la confirmation de la volonté des deux institutions de récupérer les fonds perdus par l’État du fait de la corruption, elle estime que leur gestion mérite désormais un cadre spécifique. L’organisme présidé par Dieudonné Massi Gams réitère ainsi une recommandation formulée un an plus tôt : créer un mécanisme chargé d’assurer la traçabilité des sommes recouvrées et leur affectation transparente à des projets de développement. L’enjeu, pour la Conac, est de faire en sorte que les fonds récupérés à l’issue des procédures judiciaires puissent également contribuer au financement de l’économie.
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De manière générale, le préjudice financier subi par l’État du Cameroun du fait des pratiques de corruption en 2025 est évalué à 6,27 milliards de FCFA, contre 4,061 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 2,209 milliards de FCFA. Ce qui traduit un regain de la corruption, alors que les pertes pour l’État avaient pourtant chuté de 95,6 % en 2024. Paradoxalement, le nombre de dénonciations effectuées par les citoyens, par voie électronique, par courrier administratif ou par WhatsApp, a nettement reculé : 2 561 cas, contre 10 520 un an plus tôt. Les détournements présumés représentent 29,68 % de ces dénonciations, la corruption 20,57 % et l’extorsion de fonds 11,54 %.
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Par secteur d’activité, les Affaires foncières conservent la première place avec 20,39 % des dénonciations, dominées par les litiges fonciers. La Fonction publique, avec 15,26 %, devance désormais les Finances (14,56 %). Elle est notamment concernée par la perception indue de salaires et la corruption dans les concours administratifs. Le top 5 est complété par l’éducation et les marchés publics.














