Le marché camerounais de l'assurance automobile reste fortement exposé aux circuits clandestins. Les contrôles menés en 2025 par les services du ministère des Finances (Minfi) ont permis de déceler 126 112 attestations d'assurance vendues par « des intermédiaires clandestins », c'est-à-dire des personnes non autorisées par la tutelle. Le chiffre, contenu dans un document du Trésor public camerounais de septembre 2026, révèle bien plus qu'une irrégularité administrative : il désigne autant d'automobilistes exposés au risque de découvrir, au moment du sinistre (accident, incendie…), donc un peu trop tard, que le document présenté comme une assurance n'offre pas les garanties attendues.
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La fraude documentaire était déjà apparue au grand jour en avril 2025, quand le ministère de la Défense a annoncé le démantèlement d'un « vaste réseau spécialisé dans la fabrication de fausses attestations d'assurance » à Yaoundé. L'opération a permis de saisir notamment 224 assurances automobiles, 489 coupons d'assurance de remorques de camion, 117 quittances de voitures de tourisme, 10 assurances photocopiées et légalisées et 371 cartes roses, ainsi que 27 cachets, un dateur et un numéroteur. Les suspects fabriquaient ces documents sans l'agrément du Minfi, qui vise notamment à « vérifier les conditions de capacité professionnelle, d'honorabilité et de solvabilité des intermédiaires », indique le ministère.
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Le Code CIMA (Conférence interafricaine des marchés d'assurances) réserve pourtant la présentation des opérations d'assurance à des personnes et sociétés dûment habilitées : courtiers agréés, agents généraux et certains mandataires. À fin 2025, le Bulletin du Trésor public en recensait 1 058, dont 140 courtiers (+29 par rapport à 2024), 99 agents généraux (+25), 392 mandataires salariés de compagnies (+25) et plusieurs autres catégories de mandataires, elles aussi en progression. Le problème tient donc moins à l'absence d'un réseau formel qu'à sa coexistence avec des opérateurs non autorisés. Ceux-ci profitent souvent de l'ignorance des usagers, ou de leur recherche de prix inférieurs aux tarifs homologués, qui oscillent entre 50 et 500 000 [unité à confirmer] selon le type de véhicule.
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Les autorités ont engagé plusieurs initiatives pour resserrer le dispositif. En 2025, 433 bureaux de distribution de produits d'assurance ont été inspectés, donnant lieu à 96 procès-verbaux de constat d'infraction et 4 procès-verbaux de saisie de documents et de matériels. Pour le pool Transport public voyageurs (TPV), « une plateforme digitalisée de délivrance des attestations d'assurance automobile a été développé[e] et son entrée en vigueur est prévue pour l'année 2026 », indique le Minfi. S'agissant du transport des marchandises, la mise en œuvre de la garantie « assurance-location-conteneurs » en 2025 est venue « alléger le circuit des importations » et pourrait donc, dans une certaine mesure, limiter le recours des usagers au circuit informel. Elle devrait surtout rapporter 3,01 milliards de Fcfa de recettes fiscales par an à l'État et procurer aux compagnies d'assurances un chiffre d'affaires estimé à 15,64 milliards de Fcfa par an.








