Fitch Ratings a abaissé, vendredi 16 octobre, la note souveraine du Cameroun de « B » à « B- », avec une perspective stable, selon un communiqué publié le jour même. La décision intervient dix jours après l’annonce par Yaoundé d’une émission complémentaire de 300 millions de dollars sur son Eurobond 2033. Fitch avance deux motifs principaux. Elle redoute d’abord une « transition de pouvoir désordonnée » car Paul Biya, 93 ans, réélu en octobre 2025 pour un huitième mandat, n’a désigné aucun successeur. Le poste de vice-président, créé par la réforme constitutionnelle d’avril 2026, reste vacant. L’agence souligne aussi des tensions de financement; elle ne retient aucun programme du Fonds monétaire international (FMI) d’ici 2028 car Yaoundé n’en a pas demandé en 2026.
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Croissance "robuste"
Les fondamentaux macroéconomiques restent pourtant solides. Fitch table sur une croissance "robuste" du produit intérieur brut (PIB) réel de 3,7 % en 2026 et 2027, puis de 4,1 % en 2028, portée par l’électricité et le secteur minier. L’inflation devrait se limiter à 3 % en 2026 grâce aux subventions aux carburants. Le déficit budgétaire resterait étroit, à 2,2 % du PIB cette année. La dette publique représentait 42,5 % du PIB fin 2025 et devrait tomber à 39,1 % en 2028. La médiane des pays notés « B » est de 56 %. En revanche, la croissance prévue reste sous la médiane de 4,3 % de cette catégorie.
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Un autre point de vigilance concerne le marché des titres publics de la BEAC, devenu une source de financement plus difficile d’accès : les banques commerciales sont de plus en plus exposées aux États de l’union monétaire. Fitch rappelle que l’exposition totale du secteur bancaire aux États est passée de 10 % du total des actifs en 2015 à environ 30 % en 2025. La gestion des finances publiques, elle, « demeure faible ». L’agence américaine fait remarquer que le niveau des obligations impayées, arriérés compris, n’a pas diminué, malgré deux prêts commerciaux extérieurs souscrits en 2024 pour les apurer. Fin juin 2026, les restes à payer s’élevaient ainsi à 703,5 milliards FCFA, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA).
Un endettement plus couteux
D’autres fragilités pèsent sur la note du Cameroun. Le FMI et la Banque mondiale classent le pays parmi les États « fragiles et affectés par les conflits ». Le déficit courant devrait également se creuser à 5 % du PIB en 2026, avec la chute des cours du cacao. Cette décision n’a pas laissé i différents les détenteurs de la dette camerounaise. Lundi 19 octobre, le rendement de l’Eurobond 2033 du Cameroun a bondi d’environ 30 points de base pour atteindre un record de 10,65 %, selon Bloomberg. Celui de l’échéance 2031 a gagné 20 points, à 10 %. Il s’agit de la quatrième séance de hausse consécutive.
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Fitch indique ce qui pourrait faire évoluer la note. Elle pourrait être abaissée en cas d’instabilité politique ou sécuritaire avérée, ou si un creusement du déficit s’ajoutait aux tensions de financement. Une dégradation de note se traduit en général par un renchérissement des emprunts, ce qui alourdit le coût du financement de l’État. Par contre, pointe l’agence américaine, la note du Cameroun pourrait être relevée si la succession à la tête du pays devenait plus lisible, ou si le pays obtenait un meilleur accès au financement concessionne









