Les distributeurs pétroliers TotalEnergies et Tradex ont écopé d’amendes totalisant 1,5 milliard de FCFA en Guinée équatoriale, sur fond de nouvelle crise d’approvisionnement en carburants. La décision a été annoncée le 15 octobre par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, à l’issue d’une réunion d’urgence organisée à Malabo avec le Premier ministre et les représentants des entreprises concernées. TotalEnergies devra payer 1 milliard de FCFA, contre 500 millions pour Tradex, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun.
« Cette mesure vise à tenir les entreprises responsables des violations enregistrées et à empêcher que de telles situations ne se reproduisent », a indiqué l’exécutif. Les autorités reprochent plus précisément aux deux distributeurs des retards dans les démarches d’acquisition et d’approvisionnement du pays en carburants. Ces sanctions interviennent deux jours seulement après les engagements pris, le 13 octobre, par ces opérateurs et la compagnie nationale Gepetrol pour livrer 46 000 tonnes de produits pétroliers raffinés d’ici la fin de l’année. La Guinée équatoriale traverse sa deuxième crise de carburant en moins de quatre mois, les distributeurs invoquant des difficultés ayant affecté leurs opérations d’approvisionnement.
Dans l’immédiat, le gouvernement a ordonné aux distributeurs de mettre leurs réserves disponibles sur le marché, en attendant l’arrivée de nouvelles cargaisons. TotalEnergies attend notamment un premier arrivage de dix réservoirs entre vendredi et samedi, tandis que Gepetrol prévoit la réception de 5 000 tonnes de produits pétroliers les 18 ou 19 octobre. Ces livraisons s’inscrivent dans les engagements pris le 13 octobre par les opérateurs pour acheminer 46 000 tonnes de produits pétroliers raffinés d’ici la fin de l’année.
20 millions de dollars pour renforcer Gepetrol
Au-delà de l’urgence, Malabo veut renforcer son dispositif national d’approvisionnement. Le gouvernement prévoit d’injecter 20 millions de dollars, soit environ 11,7 milliards de FCFA, dans Gepetrol Servicios pour accroître ses capacités commerciales et d’achat de carburants. Il envisage également de récupérer des réservoirs actuellement loués à d’autres opérateurs, avec l’objectif de disposer de stocks permettant de couvrir trois à six mois de demande nationale.
La crise remet enfin au premier plan le projet de raffinerie nationale. Des experts sont attendus dès novembre pour effectuer les études de terrain et préparer le projet, avec l’objectif d’engager sa mise en œuvre en 2027. Malabo entend ainsi réduire son exposition aux difficultés extérieures susceptibles de perturber les importations et la distribution de carburants.
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