Le vice-président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mangue, a appelé les automobilistes à poursuivre TotalEnergies pour obtenir réparation après la pénurie de carburant qui a touché le pays pendant près de deux semaines. Cette décision a été annoncée à l'issue d'une réunion de crise tenue le 23 juillet, au cours de laquelle les autorités ont imputé la responsabilité de cette crise au groupe français qui contrôle plus de 30 stations-service et deux dépôts pétroliers dans le pays. « Notre position est d’avertir l’entreprise Total au sujet de ses politiques coercitives et de nous préparer en cas de récidive. On ne comprend pas qu’en l’absence de toute raison de force majeure, on laisse la population sans carburant pendant environ une semaine, sans préavis et sans explication », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
Le dirigeant a précisé que les représentants de TotalEnergies ont été avertis de graves conséquences en cas de répétition. « Je recommande à tous les citoyens dont les véhicules ont connu des problèmes en raison du manque de carburant, et qui peuvent le prouver, de porter plainte contre Total afin qu’elle les indemnise pour les dommages et préjudices », a-t-il ajouté, sans préciser la juridiction compétente à traiter ces dossiers.
Lire aussi : Malabo ouvre une cellule de crise pour mettre fin à la pénurie de carburant
Selon des médias locaux, cette rupture d'approvisionnement aurait entraîné une hausse des coûts de transport et des denrées alimentaires, impactant directement la mobilité des citoyens et le budget des ménages. S'il s'agit de la première menace formelle de sanction visant TotalEnergies (présent dans le pays depuis 1984), l'Exécutif équato-guinéen durcit régulièrement le ton face aux acteurs du secteur aval. En octobre dernier, le concurrent Tradex (filiale de la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun, qui compte 12 stations) avait vu ses activités suspendues durant deux semaines par le ministère des Hydrocarbures pour des « non-conformités administratives, fiscales et environnementales », avant que la sanction ne soit levée le 9 novembre.
Plus petit producteur de l’OPEP et entièrement dépendant des importations de produits pétroliers finis, la Guinée équatoriale a profité de cette crise pour relancer ses projets de souveraineté énergétique. « À titre de mesure de précaution, nous avons conçu une série de stratégies visant à assurer un approvisionnement constant en essence dans le pays. Parmi celles-ci, nous disposerons d’une raffinerie d’approvisionnement local », a annoncé le vice-président. Le ministère des Mines a été instruit de contacter des entreprises internationales pour le lancement des études de terrain et la préparation des budgets. Dans l'intervalle, la feuille de route immédiate de Malabo prévoit la création de réserves stratégiques d'État et le renforcement des capacités de l’entreprise parapublique Gepetrol.











