Dans le projet de Loi de finance 2025 de la République du Gabon, le gouvernement prévoit une réduction de 30% de ses subventions au prix du carburant. Le montant de ces subventions destinées aux carburants et à l’énergie et estimées à 150 milliards de Fcfa en 2024 sera revu à 105 milliards pour l’année à venir afin « d’atténuer l’impact social de cette réforme tout en créant des marges budgétaires pour financer des projets de développement », peut-on lire. Soit une économie de 45 milliards de Fcfa. Bien que bénéfique pour le pays, cette projection représente un défi qui n’est pas gagné d’avance car le Gabon a dépassé ses prévisions pour 2024, quatre mois avant la fin de l’année.
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En effet, le ministère gabonais de l’Économie et des Participations a rapporté des dépenses de 11,71 milliards de Fcfa pour la subvention du carburant en août 2024 portant à 78,4 milliards de Fcfa le montant total injecté par l’Etat durant les huit premiers mois de l’année pour soutenir les prix au carburant. Cette enveloppe correspond à un taux de réalisation de 102% des prévisions établies à 75 milliards de Fcfa par la loi de finances 2024. Ce montant qui a lui aussi affiché une hausse augmentation significative de 66% par rapport aux 29,9 milliards de Fcfa alloués en 2023 dans un contexte où les autres pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) tendent à réduire leurs subventions.
Un défi sous régional
Le Fonds monétaire international (FMI) a soulevé le besoin, pour les pays de la Cemac, de supprimer des subventions « inefficaces » réduire les déséquilibres budgétaires. L’Institution de Bretton Woods a souligné le 30 mai dernier dans son rapport sur les consultations de 2024 au titre de l’Article IV avec le Gabon la nécessité d’améliorer la gestion des finances publiques en passant par la réduction des subventions au prix de carburant. Selon les données du ministère de l’Economie, la dette publique du Gabon qui représente près de 8 000 milliards de Fcfa en 2024, correspond à 70,5 % du PIB (au-dessus du seuil règlementaire de 70% imposé en zone Cemac) ; toute chose qui décuple le risque de tensions de trésorerie dans un pays où le déficit budgétaire hors pétrole s’élève à plus de 6 % du PIB.
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En somme, la volonté du gouvernement gabonais de réduire ce poste de dépenses vise à alléger la pression sur le budget de l’Etat et s’aligner aux recommandations du FMI pour l’ensemble des pays de la zone Cemac. Pour leur part, la Guinée équatoriale et le Cameroun ont respectivement annoncé une réduction de 70% et 30% de leur enveloppe des subventions établie à 70 et 263,3 milliards de Fcfa en 2024.








