La République du Congo devient le premier pays de la zone Cemac à distribuer du gaz naturel liquéfié (GNL) à la pompe. Ce statut fait suite à l'inauguration, le 19 septembre, de la première station multi-énergies à Pointe-Noire, la deuxième ville du pays, selon le ministère des Hydrocarbures. L'ouvrage est porté par la Société sino-congolaise d’investissement (SCI), filiale du groupe chinois Southernpec. Ce déploiement, réalisé cinq mois après l'obtention de l'agrément officiel par la SCI, permet de « garantir durablement la disponibilité et l’accessibilité des produits pétroliers » sur le territoire, a déclaré le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga.
Dans le détail, l'infrastructure, bâtie sur une superficie de 6 560 mètres carrés, dispose d'une capacité de stockage de 120 mètres cubes de GNL (soit 46 tonnes), selon les données publiques. Elle compte également des réserves de 120 mètres cubes de gasoil et de 40 mètres cubes d’essence. L'installation a pour spécificité de pouvoir accueillir quatorze véhicules simultanément, avec un temps de recharge en GNL inférieur à quatre minutes, limitant ainsi la durée de ravitaillement. Selon les promoteurs, ce carburant permet aux professionnels routiers de réduire leurs dépenses d’environ 30 % par rapport au gasoil, à performance équivalente.
Cet avantage économique s'appuie sur une structure de prix compétitive. Le GNL est vendu à la pompe à 452 FCFA le kilogramme. Un tarif relativement bas comparé aux autres carburants du marché, l'essence super oscillant entre 475 et 525 FCFA le litre, et le gasoil entre 425 et 475 FCFA. Toutefois, le GNL nécessite des moteurs spécifiquement adaptés et ne s'adresse pas aux véhicules légers traditionnels. Il est majoritairement consommé par les flottes logistiques et les camions de fret, des véhicules lourds utilisés au quotidien pour le transport de marchandises et les activités industrielles.
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Pour Xia Liangping, président-directeur général de Southernpec, cette infrastructure répond aux impératifs du transport routier et participe à la construction d'un « modèle énergétique plus diversifié ». L'entreprise prévoit d'ores et déjà d'installer de nouvelles stations à Brazzaville, Dolisie et Oyo.
L'arrivée du GNL dans les stations congolaises confirme la montée en puissance du pays dans le secteur gazier. Selon un récent rapport de la Beac, les exportations congolaises de GNL devraient exploser de plus de 276 % pour atteindre 2 121,1 milliers de tonnes en 2026, contre 563,3 milliers en 2025 et seulement 342,5 milliers en 2024. Cette dynamique permet au Congo de se hisser au deuxième rang sous-régional derrière la Guinée équatoriale, détrônant ainsi le Cameroun. Ce dernier devrait voir ses exportations chuter à 814,2 milliers de tonnes (contre 1 358,6 milliers en 2025), en raison du retrait, le 4 août dernier, du navire de liquéfaction Hilli Episeyo au large de Kribi.
Le Congo matérialise ainsi une volonté de transition énergétique commune à ses pairs de la Cemac. À titre de comparaison, si le Cameroun a bien introduit des incitations fiscales dans sa loi de finances 2026 pour encourager l'importation de véhicules à propulsion gazière, il n'a toujours pas amorcé la commercialisation de GNL en station-service à ce jour.
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