Dans son rapport « Perspectives économiques en Afrique centrale 2026 », la Banque africaine de développement (BAD) fait une recommandation forte aux pays de la Cemac (Cameroun, Gabon, Tchad, Centrafrique, Guinée équatoriale, Congo) et à la République démocratique du Congo (RDC), majoritairement producteurs de pétrole brut. L'institution basée à Abidjan s'engage à soutenir la sous-région pour : « construire une raffinerie conjointe de grande envergure en Afrique centrale afin de réduire la dépendance extérieure de la région en carburants », stipule le document.
La banque, dirigée par le Mauritanien Sidi Ould Tah, précise que les pays d’Afrique centrale devraient s’inspirer de l’initiative récente des pays d’Afrique de l’Est à construire une méga-raffinerie conjointe avec l’appui annoncé du Groupe Dangote le 23 avril 2026. Ce soutien s'explique par la forte dépendance de la sous-région aux importations de produits pétroliers transitant par le Moyen-Orient et le détroit d'Ormuz (20 % du trafic mondial), couplée à une absence de vision énergétique commune.
Face aux difficultés d'approvisionnement, le document note que les États avancent en rangs dispersés. Le Cameroun recourt aux traders pour 420 000 tonnes métriques afin d'alimenter son marché local et projette une raffinerie à Kribi (120 milliards de FCFA signés le 5 mai 2026 avec 5 banques locales), tandis que la RDC, le Gabon et la Centrafrique privilégient les subventions ou le contrôle des prix. Le Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale n'ont pris aucune mesure, selon la BAD.
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Pour structurer ce projet commun dont le coût et le potentiel site d'implantation restent à déterminer, la BAD prévoit d'apporter à court terme des appuis budgétaires ciblés et de renforcer la surveillance macroéconomique.
Selon le rapport, si le conflit au Moyen-Orient tire à la hausse les prix du baril de pétrole, l'embellie des recettes d'exportation du brut est mécaniquement annulée par l'augmentation des coûts du fret lié au risque d'importations de produits pétroliers et d'autres denrées de grande consommation. L'analyse macroéconomique de la BAD précise que les importations de carburant issues du Moyen-Orient représentent 15,2 % pour le Cameroun (qui importe 100 % de ses besoins en carburants), 31 % pour la Centrafrique, 20 % pour la RDC, 16,2 % pour la Guinée équatoriale, 9,6 % pour le Gabon, 7,7 % pour le Tchad, et couvrent 66,7 % des besoins du Congo.
En 2026, l'institution estime que cette conjoncture pourrait entraîner des pertes de croissance de 0,4 point de pourcentage pour la région, des dérapages budgétaires de 0,6 point du PIB et une dégradation du déficit du compte courant de 0,3 point du PIB. À la suite de la crise du Covid-19 et du déclenchement de la guerre en Ukraine, la Guinée équatoriale et la RDC avaient signé, en marge de la conférence « Angola Oil and Gas » (29 novembre-1er décembre 2022), un mémorandum d’entente pour la création d'installations de stockage et de raffinage communes. À ce jour, ce projet pétrolier bilatéral n'a connu aucune matérialisation visible.
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