Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique centrale 2026 » de la Banque africaine de développement (BAD), le déficit de financement nécessaire pour accélérer la transformation structurelle de l'économie régionale d'ici 2030 est estimé à 35,6 milliards de dollars américains par an, soit environ 20 000 milliards FCFA. À lui seul, le Cameroun concentre 25,9 % de ces besoins, se positionnant juste derrière la République démocratique du Congo (45 %) et devant le Tchad (20 %). À eux trois, ces pays captent la quasi-totalité du déficit régional, loin devant la Centrafrique (3,6 %), le Gabon (2,8 %), le Congo (1,5 %) et la Guinée équatoriale (1,3 %).
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A en croire la BAD, ce besoin de financement est directement lié au volume des flux financiers entrants dans la zone. « les besoins de financement représentent jusqu’à 9,7 fois les flux financiers entrants dans la région en 2024 ». en effet, bien que l'enveloppe globale de ces-derniers ait grimpé de 6,2 milliards de dollars américains en 2023 à 7 milliards en 2024, elle reste en effet très loin du besoin en financements à 42,6 milliards de dollars américains. Sur les seuls 7 milliards dollars soit plus de 4 000 milliards Fcfa entrés en 2024, le Cameroun ne capte que 13,2 %, contre jusqu’à 44,3 % pour la RDC et 16,3 % pour le Gabon. Parmi les pays qui ont le moins capté ces flux entrants, le Tchad (14,5 %), le Congo (8,6 %), suivis de la Guinée équatoriale (2,7 %) et de la Centrafrique (0,6 %).
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Pour relever la pente, le Cameroun, autant que ses voisins, doivent penser à d’autres alternatives. La BAD propose principalement de « tirer parti des atouts de la diaspora » afin booster le financement. Lesquels atouts sont quelques peu menacés au vu des récentes données de la Banque. Les flux entrants de transferts de fonds des migrants en Afrique centrale ont baissé de 35,2 % en 2024, passant de 4,1 milliards dollars américains en 2023 à 2,7 milliards dollars américains en 2024. « Cette contreperformance régionale est surtout causée par la contraction des transferts de fonds de la diaspora en RDC (-39,3 %) et au Cameroun (-19,9 %) » indique le rapport.
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Concrètement, la stratégie de la BAD pour les Etats d’Afrique centrale s’oriente autour de la création d’« obligations diasporiques » adossées à des projets d’infrastructures tels que les énergies renouvelables, les routes et la connectivité numérique entre autres. Le rapport suggère également d'arrimer le secteur financier local aux standards continentaux en invitant la région à « s’inspirer de l’initiative de la BCEAO de mars 2026 ». Cette réforme ouest-africaine, faut-il le rappeler, permet d’élargir l’accès aux comptes bancaires en Fcfa pour les ressortissants vivant à l’étranger, afin de mieux intégrer la diaspora dans le système financier régional et de capter une part accrue de ses transferts pour le financement de l’économie.















