Le Cameroun reçoit de plus en plus d’argent de sa diaspora. Selon les données compilées par le Fonds international de développement agricole (IFAD) dans son rapport Sending Money Home 2026, les flux de fonds transférés par les Camerounais immigrés vers leur pays d’origine ont bondit de 157 % en 10 ans, passant de 269 millions de dollars (153,8 milliards FCFA) en 2016 à 690 millions de dollars (environ 394,51 milliards FCFA) en 2025.
Cette hausse est favorisé par un coût d’envoi de l’argent considérablement contenu. L’agence des Nations unies spécialisée dans la lutte contre la pauvreté et la faim dans les zones rurales des pays en développement, indique que, pour un transfert de 200 dollars, le coût moyen relevé pour le Cameroun est de 3,1 % du montant envoyé en 2025, en baisse de 2,3 points sur la période sous revue. Ce taux est d’ailleurs l’un des plus faibles pratiqués sur le continent alors que la moyenne est de 7,2%, soit le coût le plus élevé au monde.
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« Les frais de transfert ont baissé à travers le monde, mais l'Afrique reste la région la plus chère pour envoyer des remises, avec de fortes différences de progrès entre les sous-régions […] L'Afrique de Centrale et de l'Ouest sont les seules sous-région où le coût moyen est compris entre 5 et 6 %, ce qui reflète en partie les corridors euro–franc CFA, où le taux de change fixe limite les marges de change, ainsi que le coût plus bas des services de transfert d'argent numériques », explique le document. Ainsi, les réceptions de fonds en provenance des autres pays africains et ceux hors du continent ont connu une envolée spectaculaire en CEMAC en 2024, atteignant 1 354,7 milliards FCFA, soit une progression de 77,3 % par rapport aux 763,81 milliards de l’exercice précédent, selon le « Rapport sur les services de paiement dans la CEMAC » publié en avril 2026 par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).
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L’IFAD cite également l’essor notable des canaux numériques (portefeuille électronique non bancaire) comme facteur de la progression du volume de fonds transférés par la diaspora. Dans le cas particulier du Cameroun, le mobile money a généré au Cameroun 2,7 milliards de transactions pour 26 773 milliards FCFA en 2024. « Les réceptions des fonds ont été boostées par la possibilité offerte aux établissements de paiement de recevoir des fonds depuis l’étranger pour le compte de leurs clients (mobile money) ou pour leur compte propre », soutient la Banque centrale.
Une position modeste par rapport au reste du continent
L’évolution camerounaise s’inscrit dans une dynamique plus large en Afrique centrale. Dans cette sous-région, les transferts de fonds sont passés de 900 millions de dollars en 2016 à 4,1 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 368 %. Avec ses 690 millions, le Cameroun reste derrière la République démocratique du Congo, dont les flux sont estimés à 3,32 milliards en 2025. A l’échelle continentale, le Cameroun se positionne à la 15e place, juste après l’Afrique du Sud (1 milliard $) et devant le Niger (650 millions $). En Afrique subsaharienne, le classement est largement dominé par le Nigeria, qui écrase la concurrence à la 1ère place avec 22,78 milliards de dollars, suivie par l’Ethiopie au 2e rang (7,14 milliards) et le Kenya au 3e rang (5 milliards).
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A noter que, dans le pays de Paul Biya, la valeur des transferts de la diaspora représentent environ 1% du PIB. Selon l’AFID, ces fonds constituent, à l’échelle des pays à revenu faible et intermédiaire, une source majeure de ressources pour les ménages. L’organe onusien estime qu’environ trois quarts des transferts servent à couvrir les besoins immédiats des familles, tandis que le quart restant est susceptible d’être consacré notamment à la santé, à l’éducation, au logement, à l’épargne ou à des activités génératrices de revenus.
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