Le Cameroun fait face à des tensions de trésorerie qui préoccupent le Fonds monétaire international (FMI). Arrivée à Yaoundé le 17 septembre pour deux semaines de travaux, une mission conduite par Christine Dieterich a reconnu que le Trésor public fait face à des difficultés de liquidité, alors que la dette du secteur public atteignait 15 416 milliards de FCFA à fin mars 2026, soit 44,3 % du PIB. Le constat n’est toutefois pas celui d’une économie en difficulté généralisée. « Le Cameroun fait preuve de résilience », a déclaré Christine Dieterich à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. La cheffe de mission estime cependant que la croissance doit encore être renforcée, notamment par une coopération accrue avec le secteur privé, et appelle Yaoundé à améliorer la gestion de ses finances publiques.
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Selon le ministère des Finances, le FMI considère que « certaines tensions observées au niveau de la trésorerie et de la dette méritent une attention particulière ». Pendant son séjour, l’institution doit donc examiner non seulement le niveau de l’endettement, mais également sa structure, son coût et les contraintes qu’il exerce sur la trésorerie de l’État. Le sujet devient d’autant plus sensible que le service de la dette absorbe une part croissante des ressources budgétaires. Dans un document présenté début septembre aux investisseurs à Londres, le gouvernement estime que les intérêts devraient représenter 9,5 % des recettes publiques en 2026, contre 6,9 % en 2021. Devant les mêmes investisseurs, Louis Paul Motaze reconnaissait que la gestion de la dette ne pouvait plus se limiter à son niveau : « il s’agit également de maîtriser son coût, sa maturité et ses risques ».
À cette pression s’ajoutent les factures impayées de l’État. Le Minfi affirme avoir réglé 463,3 milliards de FCFA d’arriérés intérieurs accumulés entre 2000 et 2019 depuis 2024, sur un stock initialement validé à 752,1 milliards. Mais le gouvernement a dû lancer en août un nouvel audit pour recenser et valider la dette flottante générée entre 2020 et 2025. Une enveloppe de 400 milliards de FCFA a été réservée dans le budget 2026 à l’apurement des arriérés, avec l’objectif affiché de les solder d’ici fin 2027.
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La mission actuelle ne constitue toutefois pas la négociation d’un nouveau programme financier. Le ministère des Finances insiste sur le fait qu’elle relève de la surveillance régulière exercée au titre de l’article IV des Statuts du FMI. Cependant, ce n’est un secret pour personne que Yaoundé travaille à la conclusion d’un nouvel accord financier avec l’institution de Washington après l’achèvement en 2025 du précédent programme. En juillet dernier, le gouvernement indiquait d’ailleurs que le bouclage financier des budgets 2027-2029 restait lié à la « conclusion attendue d’un nouveau programme économique et financier » avec le Fonds. Selon une source proche du dossier, les autorités camerounaises espèrent parvenir à un accord d’ici octobre, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiendront à Bangkok en Thaïlande.














