De nombreux agents de l'État continuent d'émarger au fichier solde de l'État du Cameroun, alors même qu'ils sont établis hors du pays. C'est la substance d'un communiqué signé le 15 septembre 2026 par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze. « Il a été constaté que 5 971 agents publics sont toujours considérés comme ne résidant plus au Cameroun », indique le membre du gouvernement.
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Ce chiffre a été consolidé dans le cadre de l'opération de collecte et de traitement des données relatives aux mouvements des personnes aux frontières du Cameroun. Le communiqué du Minfi ne précise pas les secteurs d'activité dans lesquels exercent les agents publics concernés. Mais l'alerte avait déjà été donnée en janvier 2026. Dans une correspondance adressée à son collègue de l'Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, Louis Paul Motaze signalait que, sur 10 950 agents publics du Minesup, 1 033 « seraient payés » au fichier solde alors qu'ils ne résident plus sur le territoire national.
À ce stade, tout porte à croire que le ministère des Finances dispose déjà de toutes les identités du personnel de l'État mis en cause. La raison : « à titre conservatoire et afin de permettre aux intéressés de clarifier leur situation par eux-mêmes, leurs rémunérations seront assignées à la Trésorerie paierie générale de Yaoundé I pendant les mois de septembre et octobre 2026 ». Les personnes concernées sont attendues à la Direction de la dépense de personnel et des pensions, où elles devront présenter une photocopie du passeport, le motif du voyage à l'extérieur, ainsi qu'une attestation de présence effective au poste datant d'au moins trois mois, dûment établie par leur administration d'affectation.
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Ces pièces exigées permettront aux services compétents d'examiner le cas de chacun et de délivrer, le cas échéant, un quitus en vue de la perception des salaires. À défaut, « passé le 31 octobre 2026, les agents concernés qui n'auraient pas pu justifier leur situation administrative seront considérés comme ayant abandonné leur poste de travail, et leur rémunération sera suspendue du fichier solde de l'État, conformément aux mesures d'assainissement en vigueur ».
Soulignons que les près de 6 000 agents publics interpellés représentent 12,8 % des 466 444 fonctionnaires et retraités pris en charge à fin mai 2026, pour une masse salariale de 445,6 milliards FCFA entre mars et mai 2026. Sur la base de ces effectifs présentés à l'Assemblée nationale le 19 juin dernier par le ministre de la Fonction publique, Joseph LE, le Trésor public aurait ainsi versé environ 5,7 milliards FCFA, au cours de la période citée, à un personnel qui ne sert plus l'État.
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Rappelons qu'en juin dernier, la ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Pauline Nalova Lyonga, avait interpellé 13 970 enseignants camerounais en situation irrégulière, à la suite d'un recensement biométrique et physique du personnel de l'État. Parmi eux, 1 319 avaient été identifiés comme « résidents hors du Cameroun ». Sur la foi de ces données, le ministère des Enseignements secondaires et celui de l'Enseignement supérieur cumuleraient 2 352 agents publics résidant hors du pays, soit 39,4 % de l'effectif total.
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