Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), a présidé le jeudi 10 septembre 2026 à Douala la 2ᵉ rentrée économique du patronat, après une première édition tenue en 2024. L'événement a rassemblé de nombreux professionnels des médias autour de l'économie mondiale, sous-régionale et nationale.
Dans son allocution, Célestin Tawamba a passé en revue la conjoncture économique du pays en 2026. Il a indiqué que « selon les enquêtes Enterprise Surveys de la Banque mondiale, 65 % des entreprises camerounaises recourent à un groupe électrogène pour maintenir leur activité. Or l'autoproduction par groupe électrogène représente un coût de 200 à 350 FCFA par kilowattheure, quand le tarif industriel se situe entre 50 et 99 FCFA ». Ces chiffres révèlent l'écart entre les ambitions affichées et les conditions réelles de production, la fragilité de l'appareil productif du pays, ainsi que le coût du sous-investissement. Le patronat évoque également les 420 MW supplémentaires apportés par Nachtigal, dont l'impact sur les entreprises reste limité tant que l'énergie n'est pas suffisamment transportée et distribuée.
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Cette contrainte énergétique s'ajoute aux difficultés que connaissent les infrastructures routières du pays. Sur le corridor ferroviaire Douala-Ngaoundéré, les dysfonctionnements du réseau génèrent un surcoût logistique estimé entre 15 et 20 % pour les marchandises à destination du Nord-Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine. Le GECAM relève également que « les coûts de transport ont progressé de 11,5 % en 2023 puis de 12,3 % en 2024 sur les principales liaisons sous-régionales et les interconnexions entre nos principaux pôles économiques, à savoir Douala-Bafoussam, Douala-Yaoundé, Édéa-Kribi ou encore Ngaoundéré-Kousseri ».
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D'après Célestin Tawamba, cette situation intervient alors que « la loi de finances 2026 a consacré une enveloppe de 660,4 milliards de FCFA à l'achèvement des grands projets de première génération ainsi qu'au lancement de nouveaux chantiers annoncés par le Chef de l'État. Elle traduisait une ambition forte, avec près de 650 km de routes bitumées et plus de 1 300 mètres linéaires d'ouvrages d'art ». Or, à fin mars 2026, les dépenses d'investissement de l'État se sont fortement effondrées. Selon les données présentées lors de la rencontre, elles sont passées « de 175,5 milliards de FCFA à 45 milliards, soit une baisse de 74,4 %, avec un taux d'exécution des crédits d'investissement limité à 2,2 % au terme d'un trimestre ».
Au-delà de la conjoncture 2026, Célestin Tawamba a présenté un bilan de l'année 2025 qui dresse un constat préoccupant : « la croissance reste très éloignée des ambitions de transformation économique portées par la SND30, tandis que les secteurs productifs peinent à accélérer ». Le patronat relève notamment le ralentissement du secteur primaire, passé de 3,6 % en 2024 à 1,7 % en 2025, sous l'effet d'une agriculture d'exportation qui a chuté de 8,7 % en 2024 à -3,2 % en 2025, alors que les services affichent une progression nettement plus soutenue (9 %).
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