Le Port Autonome de Kribi (PAK) est aujourd’hui, l'une des principales portes d’entrée des marchandises à destination du Cameroun. Selon KTC, l’entreprise qui gère le terminal à conteneurs, Kribi concentre désormais près de 65 % des conteneurs à destination du Cameroun ou de son hinterland qui touchent le pays en première escale. Autrement dit, deux conteneurs sur trois arrivant dans le pays font d’abord escale à Kribi avant d’être redistribués par voie terrestre ou maritime. L’infrastructure portuaire tire son épingle du jeu, à la faveur de plusieurs atouts au rang desquels la rapidité de l'accostage et la profondeur du quai, qui lui permet donc d'accueillir de grands navires à fort tirant d'eau. En 2025, le Terminal à Conteneurs a totalisé 555 398 EVP (équivalent vingt pieds) en progression de 82,4 % par rapport à l’année d’avant. Ce chiffre représente l’ensemble des trafics sur ledit terminal notamment l’import, l’export et le transbordement. Il témoigne par la même occasion d’« une dynamique de croissance soutenue au fil des années », qui cependant, ne lui fait pas que du bien.
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Plus il y a de conteneurs en effet, plus le traitement prend du temps et donc logiquement, l’attente est davantage longue. En 2025, « le fort volume de marchandises, combiné à la tendance des clients à utiliser le terminal comme zone de stockage, a entraîné une hausse des Dwell time (ou temps de séjour) et une saturation du yard » indique une récente note d’observations du port. « Les indicateurs de rendements convergent tous vers des alertes de saturation du terminal à conteneurs ». La durée moyenne passée par les conteneurs sur le terminal entre le déchargement et la sortie du port, atteint 25,28 jours à l’import (contre 23,99 jours en 2024) et 9,33 jours à l’export (contre 7,78 jours en 2024). « Cette congestion impacte directement la performance», indique le PAK. Les portiques (équipements géants de levage servant à charger et décharger les conteneurs) ont connu une baisse de 17 % de la productivité, passée de 18,90 à 16 mouvements nets par heure.
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Pourtant, le Port de Kribi a procédé à la mise en service d’un deuxième terminal à conteneurs en mai 2025, d’une longueur de quais de 715 mètres - le double du premier -, à l’effet de tripler ses capacités logistiques en 7 ans. Il s’agissait d’exploiter un terre-plein de 30 hectares, cinq portiques de quais de 65 tonnes chacun, 15 portiques de parcs, 25 tracteurs et 30 remorques portuaires, etc. Ce qui n’a visiblement pas suffit à porter la productivité des portiques mentionnés. L’effet immédiat a plutôt été controversé. « Dans le sillage de la mise en exploitation de la 2e phase, la formation des agents de manutention, leur prise en main des équipements, la mise en place de nouveaux outils et applications informatiques, ainsi que des opérations de manutention à quai et de transferts des EVP de l’ancien au nouveau terminal, ont entraîné une baisse de la productivité des navires porte-conteneurs. » renseigne le PAK. On passe de 41 mouvements/heure enregistré en 2024 à 33 mouvements/heure en 2025 (-18%).
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Porté par la forte croissance du trafic, le terminal envisage déjà une nouvelle phase d’expansion. Les travaux d’extension de la zone de stockage ont été annoncés cette année sur 8 hectares supplémentaires, avec CHEC, déjà constructeur du Terminal 2. L’investissement, estimé entre 25 et 30 millions d’euros, sera financé conjointement par le Port autonome de Kribi et KCT. Cette extension permettra de faire passer la capacité statique du terminal de 24 000 à 34 000 EVP, avec pour objectif de porter la capacité annuelle de traitement à environ 1 million d’EVP. En parallèle, une étude de faisabilité est en cours pour la construction « d’un ou deux quais supplémentaires », afin d’accompagner la progression attendue du trafic régional et des futurs flux industriels et miniers.











