Les services du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) dressent un constat préoccupant sur les installations d’hydrocarbures de la zone portuaire de Kribi. Selon leur bilan repris dans le rapport 2025 sur le fonctionnement de la place portuaire, aucune station-service de la plateforme n’est conforme sur le plan administratif. Elles ne disposent notamment pas d’autorisation d’exploitation et de plan d’urgence, une situation qui se traduit, selon le document, par une absence de « management de risques spécifiques » et une « non maîtrise des dangers opérationnels ».
Le constat intervient après une série de contrôles conduits en 2025. Sur les 14 unités industrielles de première classe répertoriées, 11 ont été inspectées par les services du Minmidt. Les réunions d’évaluation organisées dans la foulée ont abouti à un « faible score global en matière de conformité administrative et technique », conduisant l’administration à sensibiliser les opérateurs installés sur la plateforme.
Parmi les installations épinglées figure notamment une station de Tradex située dans la phase 1 du port. Le Minmidt avait recommandé de saisir l’entreprise dans le cadre de sa convention avec le PAK et de travailler à la remise à neuf de cette installation. Mais à fin 2025, cette recommandation était toujours renseignée comme « non implémentée ». Le constat accompagnant cette évaluation est particulièrement sévère : « Station globalement dangereuse », indique le document.
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Ces alertes ne semblent d’ailleurs pas nouvelles. Le rapprochement recommandé entre les services techniques du PAK et ceux du Minmidt dans l’Océan n’avait toujours pas été mis en œuvre. Le rapport précise que la « dernière correspondance relative aux non-conformités adressée au DG [était] restée sans suite à date ». L’évaluation conjointe des actifs du port concernés par ces anomalies est elle aussi indiquée comme « non implémentée ».
Outre les stations-services, l'autorité administrative alerte sur d'autres actifs stratégiques. Les cuves et conduites d'hydrocarbures de la phase 1 ne disposent à ce jour d'« aucun contrôle non destructif, aucun certificat de conformité technique », entraînant des « défauts d’étanchéité, déversements, impact environnemental ». L'atelier de maintenance d'engins lourds exploité par Tractafric affiche également des lacunes procédurales majeures, conduisant, selon le PAK, à des « déversements lourds d’huiles usées aux alentours » et à des « dangers d’accidents dans les manœuvres non supervisées ».
La centrale à gaz de Kribi (216 MW), opérée par Globeleq via sa filiale KPDC, n’est pas en reste. Son circuit d’approvisionnement en fluides et hydrocarbures présente des « fuites » et une maintenance ignorant les protocoles environnementaux. Le document évoque comme conséquences possibles des déversements, un « impact environnemental grave » et un « risque d’incendie ».
Pour 2026, le Minmidt recommande notamment une évaluation technique des actifs concernés, la mise en conformité administrative et technique de l’ensemble des stations-service et une supervision plus stricte des opérations sur les équipements à pression, les réservoirs et les dispositifs de sécurité incendie. L’administration préconise également l’élaboration, avec le PAK, d’un plan global de mesures d’urgence actualisé.
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