À fin décembre 2025, l’encours des crédits accordés par les établissements de microfinance (EMF) camerounais atteint 819,2 milliards FCFA, contre 751,1 milliards un an plus tôt. Selon les données du Comité national économique et financier (CNEF), cela représente une progression de 68,1 milliards FCFA, soit 9,1% en un an. Cette hausse prolonge une trajectoire de croissance engagée depuis plusieurs années. De fait, entre 2021 et 2025, l’encours a ainsi augmenté de 279,5 milliards de FCFA (+51,8%) en cinq ans avec un pic enregistré en 2024 où il a atteint 751,1 milliards FCFA (+13% en un an).
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Le hausse des crédits des EMF en 2025 est principalement portée par les 301 établissements agréés de première catégorie, dont le portefeuille passe de 344,5 à 402,1 milliards FCFA (+16,7%), représentant dorénavant 49,1% du volume global. Les 84 EMF qui appartiennent à la deuxième catégorie voient leurs crédits progresser plus modestement à 417,2 milliards (+2,7%), soit 50,9% de l’encours. Il est noté que les deux EMF de 3ème catégorie existants un an plus tôt sont entrés en cessation d’activité au cours de l’année 2025. Par maturité, le portefeuille est ventilé à 44,2% des crédits à court terme (principalement attribués aux particuliers et PME), contre 41,1% pour ceux à long terme et 14,7% seulement pour les crédits à moyen terme.
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Cette progression intervient dans un contexte où le coût du crédit s’est détendu. En effet, pour les particuliers, le taux effectifs global (TEG) moyen est passé de 42,12% en 2024 à 38,47% en 2025. Il recule également pour les PME, de 34,77% à 33,63%. Pour le CNEF, « cette diminution s’explique par la réduction du coût des crédits à la consommation, hors découverts, ainsi que des crédits immobiliers ». Ainsi, cette baisse du coût apparent du crédit a pu contribuer à soutenir la demande de financement en 2025, dans un secteur qui s’adresse largement aux particuliers, aux très petites entreprises et aux acteurs de l’économie informelle.
Cependant, le principal point de vigilance reste les créances en souffrance qui ont atteint 183,2 milliards FCFA en 2025 (+9,3%). Cette pression continue sur la qualité du portefeuille intervient alors que la loi de Finances 2026 a assoupli le traitement fiscal des créances irrécouvrables de ces établissements. Le seuil permettant une déduction fiscale automatique est relevé de 500 000 à 1 million FCFA, tandis que les EMF peuvent désormais étaler dans le temps la déduction fiscale de leurs provisions sur créances douteuses. Une évolution qui devrait permettre de mieux absorber financièrement le coût des défauts, alors même que le volume des créances en souffrance continue d’augmenter.
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A noter que l’expansion du crédit s’inscrit plus largement dans la croissance du bilan des EMF. Les données du CNEF montrent que le total bilan du secteur a progressé de 17% à 1 432,5 milliards FCFA à fin 2025. Avec un encours de dépôt à 1 112,5 milliards FCFA (+14,1%), le ratio crédits/dépôts des établissements de microfinance reste supérieur à 100% dans les deux principales catégories : 146,4% pour la première catégorie et 125,6% pour la seconde.








