La Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) a prononcé 93 sanctions disciplinaires en 2025 contre des établissements financiers, leurs dirigeants et des commissaires aux comptes, selon son rapport annuel. Le gendarme bancaire de la CEMAC a notamment imposé le départ de 11 dirigeants et prononcé 17 retraits d'agrément, sur fond de manquements persistants aux règles prudentielles et de déficiences dans la gouvernance et le contrôle des risques. Dans le détail, la COBAC fait état de 17 avertissements, considérés comme le premier niveau de sanction, et de 41 blâmes, dont plusieurs assortis de sanctions pécuniaires.
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À cela s'ajoutent 11 démissions d'office de dirigeants et 17 retraits d'agrément. "Dans plusieurs cas, elles ont été assorties d’interdictions temporaires d’exercer des fonctions dans le secteur supervisé par la COBAC pour des périodes allant de cinq à dix ans", précise le régulateur qui ne donne pas la liste nominative des établissements, dirigeants et commissaires aux comptes sanctionnés, ni la ventilation des sanctions par pays. Contacté par EcoMatin, la COBAC n’a pas souhaité réagir.
Manquements prudentiels
Cette activité disciplinaire intervient alors que plusieurs acteurs de la finance sous-régionale continuaient de s'écarter des normes du régulateur en 2025. Parmi les 54 banques déclarantes, 18 présentaient une insuffisance de fonds propres nets au regard des exigences prudentielles, contre 22 un an auparavant. Treize banques ne respectaient notamment pas la limite individuelle de division des risques, destinée à éviter une exposition excessive envers un même client ou groupe de clients. Neuf étaient en infraction au coefficient de transformation, sept à la limite sur les engagements envers les apparentés et trois affichaient un ratio de liquidité inférieur au minimum réglementaire de 100 %. Sept banques ne respectaient par ailleurs pas les dispositions relatives à la représentation du capital minimum.
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Les écarts sont encore plus répandus dans la microfinance. À fin 2025, 39 % des établissements de microfinance (EMF) ne respectaient pas le ratio de couverture des immobilisations, 36 % la limite individuelle de division des risques et 32 % la limite individuelle encadrant les engagements envers les apparentés. Plus d'un quart, soit 26 %, présentaient également un ratio de liquidité inférieur au seuil réglementaire. La COBAC a ainsi placé sept nouvelles microfinances sous administration provisoire durant l'année. Au total, 14 EMF se trouvaient sous ce régime fin décembre. Cinq procédures de liquidation ont également été engagées, dont deux après des retraits d'agrément prononcés à titre disciplinaire et trois après des retraits d'office, en raison du non-respect des exigences réglementaires et prudentielles.
Des contrôles renforcés
Les inspections menées durant l'année ont aussi mis au jour des insuffisances dépassant les seuls ratios financiers. La COBAC relève notamment un « fonctionnement insuffisant des comités spécialisés », une « implication limitée des organes délibérants » et, dans certains établissements, une « orientation commerciale au détriment de la maîtrise des risques ». Le superviseur pointe également une « faible culture de contrôle », des incohérences entre données comptables et données de gestion ainsi qu'une gestion des risques encore trop réactive. Il conclut à des « insuffisances récurrentes dans les dispositifs de gouvernance, de gestion des risques et de qualité des systèmes d'information ».
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Ces constats résultent d'un renforcement des inspections. La COBAC a réalisé 37 missions de contrôle sur place en 2025, contre 26 initialement programmées, soit un taux d'exécution de 142 %. Les enquêtes thématiques ont été particulièrement intensifiées, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).













