La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a retiré 70 agréments à des établissements de microfinance (EMF) en 2024 dans la zone CEMAC, selon un rapport de l’institution consulté par EcoMatin. Ces décisions, prises à l’initiative du régulateur ou des autorités monétaires nationales, traduisent un renforcement de la supervision face aux faiblesses structurelles du secteur. Ni la liste des établissements sanctionnés ni la ventilation par pays des retraits n’ont été publiées.
La COBAC explique que des contrôles menés durant l’année ont mis en évidence des défaillances récurrentes chez les EMF. Il s’agit notamment des absences de comités obligatoires et non-respect du principe de double validation des opérations, sous-effectif chronique, procédures internes obsolètes, non-conformité au plan comptable spécifique aux microfinances (PCEMF) et ratios prudentiels non respectés. Plusieurs établissements ne disposent ni de systèmes de notation du risque, ni de cartographie des risques, souligne la COBAC.
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Malgré ces fragilités, les fonds propres agrégés du secteur ont progressé de 11% à 281 milliards FCFA en 2024. Les performances demeurent toutefois variées selon le pays. +15% au Gabon, +14% au Congo, +12% au Cameroun, contre des chutes sévères au Tchad (-59%), en Centrafrique (-50%) et en Guinée équatoriale (-409%).
La CEMAC compte 521 microfinances en activité, dont 384 au Cameroun, premier marché sous-régional. Le total de bilan des EMF a atteint 2 061 milliards FCFA (+5,9 %), soutenu par une croissance du crédit de 9% à 1 039 milliards FCFA. Les créances en souffrance ont néanmoins augmenté à 178 milliards FCFA, soit 12,6% de l’encours de crédit, confirmant des risques élevés de défaut.
Face à ces vulnérabilités, la COBAC et la COSUMAF ont récemment signé à Yaoundé un accord de coopération destiné à renforcer la stabilité financière, l’échange d’informations et la protection des investisseurs dans la CEMAC. Une feuille de route 2025–2027 doit en préciser les modalités.
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