Le 13 février dernier à Douala, à l’occasion de la présentation du plan de financement de l’État du Cameroun, le ministre des Finances a indiqué que son pays avait obtenu un coup de pouce de la COBAC, le gendarme bancaire de la CEMAC. « Je tiens à exprimer toute ma gratitude à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Par l’octroi d’une pondération nulle sur les titres publics, elle a su créer un cadre incitatif, permettant aux spécialistes en valeur du Trésor de participer plus activement aux adjudications, d’investir davantage et de renforcer la profondeur de notre marché », a déclaré Louis Paul Motaze.
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La COBAC n’a pas officiellement communiqué sur cette décision qui est clairement un changement de cap puisqu’en novembre 2024, l’institution attribuait une pondération de 90% sur les titres du Cameroun en raison du non-respect par Yaoundé de 3 des 4 critères de convergence et de surveillance multilatérale (dette publique, solde budgétaire, inflation et accumulation d'arriérés). Sur cette base, le régulateur contraignait les établissements bancaires qui achèteront les titres de créance du Cameroun à détenir en fonds propres, 90 % de leur encours. De quoi décourager ces derniers à prêter davantage au pays.
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L’attribution de la pondération nulle, bien que Yaoundé n’ait pas respecté les critères de convergence, lève cette obligation de constitution de fonds propres. Un avantage pour faciliter son objectif de financement.
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Si cette décision du régulateur permet au Cameroun de lever de la dette pour financer son déficit de Trésorerie en 2025, elle reste dangereuse pour l’équilibre du système financier régional au vu de la forte exposition des banques au risque souverain. Selon le Fonds monétaire international, la part de l’État dans le portefeuille de prêts des banques commerciales implantées au Cameroun a atteint un niveau critique. « L’exposition des banques camerounaises au secteur public de la Cemac, y compris aux entreprises publiques, a rapidement augmenté depuis la crise du Covid-19, passant de 27 % du total des actifs en 2019 à 37 % en décembre 2023 », souligne l’institution dans un rapport publié en juillet 2024. Avec cette progression, le Cameroun est logé au 4e rang des pays d’Afrique subsaharienne où les banques sont les plus exposées au risque souverain. Le Soudan du Sud arrive en tête avec un taux d’exposition de 45%, suivie de la Sierra Leone (38%), et la Gambie 36%.
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Cette exposition a plusieurs conséquences sur le système économique du pays. La première est l’effet d’éviction sur le secteur privé, ce qui pourrait entraver les efforts de diversification économique. Ensuite, l’éviction des États eux-mêmes commence déjà à se faire ressentir compte tenu de la nécessité pour les banques de respecter certains ratios.

