Comme à son habitude, Louis Paul Motaze a conduit une délégation du ministère des Finances à Douala pour présenter le plan de financement de l’État du Cameroun l’année 2025 aux investisseurs. Une rencontre qui s’est tenue du 12 au 13 février et qui intervient un peu plus de 15 jours après que Paul Biya ait habilité ce dernier à mobiliser 380 milliards FCFA de nouveaux emprunts sur le marché des capitaux « , destinés au financement des projets de développement inscrits dans la Loi de finances ».
Ainsi donc, la rencontre de Douala à laquelle étaient conviés les banques, sociétés d’assurances, gestionnaires d’actifs, fonds de pensions… était une invite à soutenir cet objectif. Mais pour atteindre son but, le Cameroun souhaite que les épargnants participent un peu plus. « Nous devons imaginer et mettre en place des solutions novatrices pour capter l’épargne intérieure et l’orienter vers des investissements productifs. Car un pays qui mobilise son épargne nationale est un pays qui se finance souverainement, sans dépendre des vents incertains de la conjoncture internationale », a déclaré le membre du gouvernement. A fin octobre 2024, les particuliers ne représentaient que 1,53 de l’encours des titres publics du Cameroun contre 78% pour le banques, ce qui traduit un faible niveau de participation pour les premiers. Le plaidoyer de Motaze, qui a d’ailleurs faut l’objet d’un débat avec les acteurs.
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Interviens alors que les États de la Cemac éprouvent de plus en plus de difficultés. Notamment les taux d’intérêts qui ne cessent de grimper. En 4 ans par exemple, les taux d’intérêts sur les BTA e 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024. Ce qui révèle une hausse de plus de 100%. Pendant que les taux augmentent, les niveaux de souscriptions eux baissent. Traduisant a situation actuelle sur le marché de la CEMAC est la forte concentration de la dette étatique entre les mains d'une petite catégorie d'investisseurs que sont les banques commerciales. Ces derniers contrôlent environ 75% de l'encours et sont désormais contraints de rationaliser leurs interventions pour limiter leur exposition au risque souverain.
Pour espérer attirer les épargnants, Yaoundé plaide pour la digitalisation des stratégies de séduction pour que le public y souscrive. Une relation de confiance. La digitalisation du processus de souscription des titres publics constitue le deuxième pilier. Selon le DG du Trésor, le digital n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour moderniser le marché domestique des capitaux. En d'autres termes a-t-il argumenté, « l’innovation numérique peut démocratiser l’accès aux titres publics, réduire les coûts de transaction et attirer une nouvelle génération d’investisseurs individuels ».
Mais cela suggère aussi que les projets de développement soient palpables et incite à l’investissement tant que les gens ne voient pas projets dans lesquels ces montants ont été investis. ON ignore si cette approche sera payante pour permettre aux Cameroun d’atteindre ses objectifs mais cela est nécessaire pour que le pays dans un contexte mondial assez tendu.



