Après les eurobonds et les prêts syndiqués internationaux, le Cameroun regarde désormais vers la Chine, le Japon et la finance islamique pour diversifier ses sources de financement en monnaie étrangère. À Londres, où Yaoundé est allé sonder les investisseurs les 9 et 10 septembre, le ministre des Finances Louis Paul Motazé a indiqué que le pays étudiait le recours aux Panda Bonds, Samurai Bonds et Sukuk, des instruments encore jamais utilisés par le Trésor camerounais et qui lui permettraient d’accéder à de nouvelles poches de capitaux. Le membre du gouvernement n’a annoncé ni montant, ni calendrier indiquant que son pays se tournerait vers ces instruments « lorsque les conditions seront réunies ».
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Concrètement, un Panda Bond permettrait au Cameroun d’emprunter directement sur le marché obligataire chinois, généralement en yuan, auprès d’investisseurs locaux. Le Samurai Bond repose sur le même principe au Japon. Un emprunteur étranger émet des obligations en yen sur le marché japonais. Le Sukuk ouvre une autre porte, celle de la finance islamique. Contrairement à une obligation classique rémunérée par un intérêt, sa structuration repose sur des actifs ou des flux économiques et doit respecter les principes de la finance islamique. Pour Yaoundé, l’intérêt commun de ces trois instruments est surtout d’aller chercher des investisseurs différents de ceux qui souscrivent traditionnellement à sa dette.
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Cette diversification intervient alors que le niveau de la dette reste relativement contenu, mais que son poids budgétaire augmente. La dette publique camerounaise représentait environ 43,7 % du PIB fin 2025, loin du plafond communautaire de 70 %. En revanche, les intérêts devraient absorber 9,5 % des recettes publiques en 2026, contre 6,9 % en 2021. Le défi n’est donc plus seulement de trouver des financements, mais d’en diversifier les sources, les maturités et les coûts. Le gouvernement dispose déjà d’un premier outil pour tester cette stratégie. Son Cadre de financement durable, adopté en 2024, doit lui permettre de lever des ressources affectées à des projets environnementaux et sociaux et d’élargir son bassin d’investisseurs. Le Trésor a mobilisé un prêt-relais de 200 millions d’eurosauprès de Standard Chartered en attendant un financement ESG de 690 millions de dollars, prévu sur quinze ans dont cinq de différé. L’opération doit bénéficier d’un dispositif de partage des risques impliquant notamment la Banque africaine de développement, ATIDI et Africa Finance Corporation.













