Les titres de dette émis par l'État gabonais sur les marchés internationaux et libellés en dollars américains, ont connu une performance peu reluisante au cours de la semaine du 28 septembre au 2 octobre 2026. Selon Bloomberg, « le rendement des obligations gabonaises en dollars à échéance 2033 a grimpé jusqu'à 150 points de base cette semaine pour atteindre 13,1 %, un niveau record, avant de se replier vendredi pour se stabiliser autour de 12,98 % ».
L'agence américaine d'information financière lie la flambée des rendements de Libreville à une « confusion » sur les données de la dette publique. Elle intervient à l'issue des réunions organisées par le gouvernement avec les investisseurs, pour préparer l’émission de 580 millions de dollars (environ 330 milliards FCFA) à huit ans de maturité. Selon un document présenté lors d’une conférence en ligne et consultée par Bloomberg, le ministère de l'Économie et des Finances estime la dette consolidée à environ 9 530 milliards FCFA (exactement 9 524, 6 milliards FCFA) soit environ 16,3 milliards de dollars, d'après des résultats d’un audit rendus publics le 13 septembre.
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Ce montant est certes en baisse de 19 % comparé aux 11 700 milliards FCFA arrêtés au 31 décembre 2025, avant le lancement de l’audit mais brouille les repères des investisseurs. Pour Bloomberg, en juillet, « le gouvernement avait publié une circulaire estimant la dette à 9 400 milliards FCFA fin 2025 », et indiquait s'attendre à ce que « le niveau enregistré de la dette en cours diminue sensiblement » sur la base des conclusions préliminaires d'un audit mené plus tôt dans l'année. A en croire la direction générale de la Dette, l’encours est ressorti à 8 547,238 milliards FCFA à fin novembre 2025.
Le bond des rendements pourrait donc « compromettre les efforts du pays pour mener à bien son émission obligataire » de 580 millions de dollars, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg. L'agence précise que le gouvernement n'a pas répondu à la question de savoir s'il envisageait de reporter l'opération. Cette situation a coïncidé avec celle des taux obligataires mondiaux. Le 1er octobre, les bons du Trésor américain à 10 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 2002. Mais la dette en dollars de ce membre de l'OPEP (le Gabon) a tout de même affiché « la pire performance mondiale parmi les pays souverains frontières » sur la semaine se terminant le 2 octobre.
La méfiance des investisseurs s'observe au lendemain d'une mission du Fonds monétaire international (FMI) à Libreville, du 14 au 25 septembre 2026, consacrée à des discussions techniques avec les autorités sur l'évolution et les perspectives des finances publiques. À l'issue du séjour de la délégation conduite par Aliona Cebotari, le Gabon n'a obtenu aucune réponse concrète à sa demande officielle d'un nouveau programme économique et financier, formulée en mars 2026, soit il y a six mois. Le Congo, autre pays de la CEMAC, a fait une démarche similaire en mai. Il vient d'annoncer l'ouverture de négociations avec le FMI, dont une délégation est à Brazzaville du 24 septembre au 7 octobre.
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Dans son communiqué, le FMI ne se prononce pas sur le niveau d'avancement des réformes. Il indique seulement avoir discuté avec les autorités des conclusions de l'audit de la dette publique, de l'évolution des finances publiques et des projets de politique budgétaire pour 2027. Ces échanges se poursuivront « dans les semaines à venir afin de préparer le terrain pour des négociations sur un programme ».











